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mercredi 24 août 2011

La parole est à œufs

Un petit message pour vous signaler un autre blog, qui fait des dessins d'actu sans savoir dessiner. C'est "La Parole est à œufs", histoire de bien commencer la journée.
Je vous mets un petit extrait... (cliquez sur l'image pour agrandir)


La suite ici : http://paroles-oeufs.blogspot.com/

jeudi 2 juin 2011

Les cons qu'ombrent les concombres

9 mois après sa brillante non-couverture des inondations au Pakistan, Léonard, jeune journaliste dynamique, continue son ascension (et ça tombe bien, c'est aujourd'hui) fulgurante dans sa non-moins brillante carrière de journaliste.
Maniant avec brio le conditionnel et les réseaux sociaux, qui sont les deux mamelles du web-journalisme 2.0, il a réussi à décrocher un poste très convoité, celui d'Assistant au Rédacteur en Chef Délégué aux Actualités Internationales. C'est lui qui, désormais, épluche les dépêches AFP (et les réseaux sociaux, parce qu'il ne faudrait pas oublier la base, quand même), et les présente au rédacteur en chef. 
Parfois, on lui demande même son avis sur les sujets à traiter ou à écarter : son avis est particulièrement écouté depuis qu'il a deviné avec justesse que les inondations au Pakistan, personne n'en aurait rien à carrer. Dans le monde du journalisme, c'est ce qu'on appelle avoir du flair. Et aujourd'hui, c'est ça qu'on cherche. Des mecs avec du flair, des mecs qui savent écouter la wave du web, et anticiper les buzz
Des gens qui font des enquêtes, savent garder traiter sans polémique les sujets brûlants, pas trop. Si ça faisait vendre, ça se saurait.

Un bon exemple de rédactrice en chef séléctionnée pour ses compétences.... en journalisme, bien entendu.
Ce matin là, Léonard arrive au bureau, auréolé de sa récente promotion. Son nouveau statut lui donne en effet l'autorisation sociale de draguer plus ouvertement Amandine, la petite stagiaire blonde et opulente, mais pas trop ouvertement non plus, parce que bon, "il s'agirait pas de finir comme DSK". Cette blague fait toujours autant marrer Gérard, son pote des horoscopes.

Sur la table ce matin là :
  • Une motion de censure proposée au parlement Japonais contre le premier ministre : Léonard envisage un moment le titre "Vote débridé au parlement des bridés", avant d'abandonner l'idée.
  • Les Emirats arabes unis ont entamé des négociations pour ajouter le Yuan à leurs réserves de devises : Bon Dieu, mais qu'est-ce qu'on en a à foutre ?, pense Léonard.
  • Les émeutes politiques se poursuivent au Burkina Faso : Ils s'arrêtent jamais d'inventer des pays, en Afrique ?
  • Le conflit en Lybie, les émeutes en Syrie, la crise nucléaire au Japon : c'est has-been, tout ça (le mot "éculé" n'a jamais existé qu'avec un "n" dans le vocabulaire de Léonard).
  • Alerte sanitaire : des doutes sur une bactérie en provenance d'Espagne.
Sur la dernière dépêche, Léonard s'arrête un moment. Normalement, une alerte sanitaire, c'est pas très bankable, mais on a déjà eu des exemples qui ont bien marché. La grippe A, la grippe aviaire, ça a fait un peu flipper les gens, et par voie de conséquence, ça a fait vendre.

Par contre, une bactérie au nom compliqué, c'est pas très sexy. Quoique, remarquez, une bactérie qui s'appelle Escherichia et qui provoque des diarrhées, c'est rigolo. Peut-être un titre du style "La Escherichia(nte) coli(que)", dans ce cas...
Mmmh, et puis non : il va falloir renommer tout ça. On avait renommé le virus H5N1 en grippe du poulet asiatique, la grippe H1N1 en grippe du porc mexicain, alors il va falloir trouver quelque chose du même acabit. 

Un rapide coup d'oeil sur la dépêche déclenche immédiatement un déclic dans l'esprit de Léonard. On suspecterait des concombres cultivés en Espagne d'être vecteurs de la maladie. 
Et là, d'un coup, on peut avoir un élément qui fait peur. "Les concombres espagnols seraient dangereux". Mmmh. Pas mal, mais pas encore terrible, se dit Léonard. Non, des concombres, ça ne fait pas peur. Il faut encore personnaliser d'avantage la menace. "La menace du concombre espagnol". Mieux, mais pas encore génial. "L'Allemagne tremble devant le concombre tueur espagnol". Aaah, là, on tient quelque chose, se dit Léonard.

Quinze minutes plus tard, le rédacteur en chef a approuvé, et le titre fait déjà la Une du journal sur Internet. 

Un portrait robot du tueur a d'ores et déjà été diffusé à Interpol.

Malheureusement, les journalistes comme Léonard sont légions. Loin de chercher à informer les gens, on cherche à faire peur pour faire le buzz. Et de part et d'autre, les rédactions personnalisent la bactérie pour en faire un véritable tueur en série : "Le spectre du concombre tueur touche la France" (un site d'information, 30 mai), "La traque au concombre tueur" (France 3, 30 mai), et l'appellation "concombre tueur" est largement reprise par les médias français (Le Monde, le Nouvel Obs, le Figaro...).

Le Post, qui est un peu au journalisme ce qu'un furoncle serait au postérieur de Natalie Portman, fait même un dossier "Faut-il avoir peur du concombre tueur ?". En soi, si dans le titre on nous parle déjà de "tueur", on cherche à peine à nous orienter vers la réponse "Oui, courez, barricadez-vous à double tour dans votre salle de bain, et n'hésitez pas à signaler à la police tout concombre suspect qui s'exprimerait avec un fort accent espagnol." Un titre du style "La bactérie Escherichia coli est-elle un buzz médiatique dont on n'a absolument rien à craindre ?", aurait orienté le lecteur vers une réponse totalement opposée. Et sans doute plus juste.

Parce que, essayons de replacer un moment les choses dans leur contexte, et surtout de les relativiser. Soit ce que devraient normalement faire les journalistes professionnels. 
Tous les ans, la grippe saisonnière touche en France entre 2 et 8 millions de personnes, pour faire entre 1500 et 2500 morts (source: Institut Pasteur, 2009). Mais elle n'est transportée ni par un légume, ni par un animal, et elle ne nous vient pas de l'étranger. Alors forcément, c'est moins vendeur. Et puis elle revient tous les ans en plus. Alors, maintenant, on la connaît bien. Les gens se sont également rendu compte qu'il n'y avait pas de raison de paniquer, et que, malgré des chiffres impressionnants, cela n'avait aucune raison de faire les gros titres des journaux.
Là, c'est différent. C'est nouveau, c'est frais, on peut mettre des titres ravageurs à des articles surchargés en conditionnel, et surtout, à défaut de les informer, on peut faire peur aux lecteurs. Alors, pourquoi s'en priver ?

J'attends avec impatience l'adaptation cinématographique : "World invasion : l'attaque des concombres tueurs espagnols". Remarquez, on n'est pas passé loin : on avait déjà eu l'Attaque des tomates tueuses, et l'Attaque de la Moussaka géante (hélas, si...).

Jusque dans les images, tout est choisi pour effrayer. Du Monde.fr, qui nous met une photo d'étal de marché pour nous dire "Attention, ce concombre que vous croisez toutes les semaines au marché peut vous tuer", au Nouvel Obs, qui nous prend une photo aux couleurs flashies d'une bactérie qui n'est même pas celle incriminée, on atteint des sommets. Mais la palme revient sans doute au Figaro, qui n'hésite pas à retoucher une photo de concombre pour nous le rendre véritablement effrayant. Un concombre... Rendez-vous compte à quel point nous sommes tombés bas.

Ou comment le Figaro essaye de vous faire peur avec un concombre...
J'aimerais imaginer la scène qui a conduit les journalistes à ceci :
"- Bon, cette histoire de concombre tueur, c'est pas mal, mais il nous faudrait des images un peu choc.
- Genre, quoi ?
- Genre, je sais pas, des images choc.
- Mais, patron, ça reste un concombre. Ca fait pas peur, un concombre. A la limite, ça pourrait faire peur à une femme de chambre du Sofitel, mais...
- Eh bein, arrangez-vous pour me le rendre effrayant. Retouchez-le, rajoutez-lui un brassard nazi, ou donnez-lui les traits de Valérie Damidot, faites ce que vous voulez, mais rendez-moi ce concombre effrayant".

Alors que moi, j'ai vu des images autrement plus effrayantes... Mais je m'éloigne de mon sujet.

Pour l'affaire du concombre tueur comme pour l'affaire DSK, il ne faudrait pas louper une occasion de faire des amalgames. Une interview largement relayée dans la presse précise que les producteurs français s'inquiètent, et déclarent que les concombres français peuvent être consommés sans crainte, au motif que :
Les conditions de production française n'ont rien à voir avec celles pratiquées en Espagne tant d'un point de vue environnemental que social.
Alors là, j'applaudis. Faire une telle déclaration alors qu'on ne sait pas encore d'où pourrait provenir la bactérie, c'est très fort. 
Déjà, les deux producteurs suspectés en Espagne étaient, l'un cultivateur bio, l'autre un cultivateur traditionnel (comprenez qu'il utilise plein d'engrais et de pesticides pour faire pousser ses concombres). Alors je serais curieux de savoir comment les production françaises peuvent "ne rien avoir à voir" avec ça. En France, on cultive les concombres, ni avec des produits, ni de manière bio : les concombres sont pondus par des poules élevées au lait de chèvre, alors on est sûrs à 100% qu'ils ne portent pas de bactérie...
Et deuxième point, les conditions de productions françaises n'ont rien à voir avec les conditions espagnoles d'un point de vue social... Prenez le temps de relire calmement. Vous ne le saviez peut-être pas, mais, le salaire que vous donnez à vos employés agricoles influe directement sur les bactéries qui se retrouvent dans les concombres. C'est surprenant, mais c'est comme ça. Ou alors, ça signifie qu'en France, on accorde une considération sociale importante aux concombres eux-mêmes : on leur donne le droit de grève, on leur fait toucher le RSA, et, eux, tout reconnaissants, en échange, ils acceptent de se débarrasser de leurs bactéries.

Je ne sais pas ce qui m'afflige le plus : le fait que quelqu'un puisse dire ça sérieusement, ou le fait que son propos soit largement relayé dans la presse nationale.

Les techniques du journalisme moderne permettent de relayer les propos des vrais spécialistes.

Tout ça pour découvrir, au final, que les concombres espagnols n'ont rien à voir dans cette histoire... Et tant pis si les cultivateurs espagnols n'arrivent plus à vendre leur production pour un petit bout de temps. Tant pis si 4 pays ont décrété un embargo sur les importations de légumes espagnols. Tant pis si la Russie a décrété une interdiction pour tous les légumes européens. Et tant pis si tout cela aurait pu être évité en faisant simplement preuve d'un peu de professionnalisme dans la presse.

"Les ravages économiques du conditionnel dans la presse", ça, ce serait un vrai titre. C'est peut-être un article que je pourrais faire... Ou alors, je pourrais faire des articles au conditionnel, et dire que j'informe les gens...
Mmmmh, je penche sérieusement pour la seconde solution. Si on pouvait faire fortune en faisant du journalisme sérieux, ça se saurait.

samedi 14 mai 2011

Tiens, voila du boudin !

D'où vient-on ? Où va-t-on ? Dans quel but ? Quelle est la quintessence de l'existence humaine dans une réalité gouvernée par la dichotomie manichéenne du bien et du mal ?
Autant de questions que l'Homme a su se poser au fil de l'histoire. Sans forcément y apporter de réponse, la simple réflexion qu'appelle la question est en soi un accomplissement. Ainsi, quelles ne furent pas les avancées apportées par le "qu'est-ce que la matière" de Démocrite ? Quel ne fut pas le retentissement du "être ou ne pas être ?" du personnage de Shakespeare ? Quelles ne furent pas les conséquences du "Le Pape ? Combien de divisions ?" de Staline ?
Aujourd'hui encore, l'Homme continue à poser les questions qui font l'Histoire, dans un élan de l'esprit comparable à l'envol éthéré de tout un peuple qui aspire à d'avantage de savoir.

Ce qui m'amène tout naturellement à vous parler d'une question soulevée par un grand magazine philosophique, digne héritière des questions sus-citées :

Pourquoi les hommes crient et les femmes font du boudin ?

Faisant fi des pressions politiques et des conséquences terribles que pourraient entraîner un débat sur le sujet, Elleraconte.com -oh, le beau site- apporte des éléments de réponses à une question qui taraude l'humanité depuis des siècles. Le premier à se poser la question aurait été Louis XII de France, peut-être parce qu'il était marié à un sacré boudin, mais ceci est une autre histoire...
Laissons immédiatement de côté vos récriminations sur le bien-fondé profond de la question, et analysons immédiatement la réponse.

Le mot boudin s’appliquera ici seulement à la femme. Eh oui, le boudin est à 90% féminin.
Dès le début de l'article, l'auteur frappe très fort. Voila la réponse à la question "Pourquoi les femmes font du boudin ?". Parce que le boudin est à 90% féminin. C'est simple, mais il fallait y penser.

Ce pourcentage fort précis a été déterminé à la suite d'une étude rigoureuse du LACONE du CNRS (le Laboratoire d'Analyse en Charcuterie et d'Observation de la Nature des Etrons). Après avoir disséqué grand nombre de boudins (opération dont Valérie Damidot a réchappé de justesse), les résultats sont formels : le boudin n'est composé de testicules qu'à hauteur de 10%. On peut donc immédiatement en déduire que le boudin est à 90% féminin.
Eugène Boudin, où l'homme qui fait mentir la science.
Les hommes se contentent, quant à eux, de grogner, de s’énerver, de crier et de tirer la tronche car ils sont plus dans l’action que nous.
Il est bien connu que peu de femmes sont dans l'action. A peine capables de tenir un balai en main (ou un aspirateur, ne soyons pas rétrogrades), elles sont tout juste aptes à faire du boudin. En tous les cas, grogner, crier et tirer la tronche sont des actions qui requièrent bien plus de neurones que ce que le petit cerveau de la femme ne comporte. Ces actions nobles sont l'apanage des hommes, qui d'ailleurs, s'en contentent. Une fois que les hommes ont grogné, crié et tiré la tronche, ils vont se coucher avec la satisfaction d'une journée bien remplie.
Le boudin féminin est beaucoup plus recherché... On pourrait même dire travaillé, mais s'il nécessite un guide, c’est aussi parce qu’il est pervers et qu’on a parfois du mal à en comprendre la cause.
Sachez que c'est quand même une femme qui parle. Les femmes, ces êtres étranges à mi-chemin entre l'homme et Vincent Mc Doom, travaillent donc régulièrement leur boudin. C'est un peu l'équivalent des gammes chez un pianiste, ou de la langue de bois chez un politique : c'est la base même du métier. Un phénomène que l'auteur se propose de nous faire découvrir au travers d'un guide du boudin (2 pages, Editions Atlas). C'est un peu comme le guide du Routard, mais en moins long. En moins intéressant aussi...
Partons donc à la découverte de ce boudin pervers (ne dérivons pas, je vous vois venir, bande de petits coquins).
Il y a 4 étapes essentielles concernant le boudin féminin et à chaque étape correspond une manière de réagir.
Même si vous verrez au cours de cet article qu'on ne nous dit absolument pas comment réagir. Sûrement un truc que la science n'a pas encore découvert.

Boudin: étape 1
On sait qu’une femme fait du boudin lorsqu’elle ne parle plus. C’est la première caractéristique et vous auriez tort Messieurs de croire que vous serez plus tranquilles ainsi et que vous aurez la paix.
Messieurs, sachez-le : dès que votre femme ne parle plus, c'est qu'elle vous fait la tête. Parfois, vous pourrez croire qu'elle est en train de dormir, de manger, de jouer de la musique, de regarder un film, ou simplement de ne rien faire. Détrompez-vous, malheureux ! Rappelez-vous que la femme est perverse. Ce n'est qu'un subterfuge pour vous induire en erreur ; en réalité, elle fait du boudin, et vous en veut à mort.
Une femme bavarde a donc moins de chances de faire du boudin. Une pipelette est une femme peu susceptible. Casse-couilles, peut-être, mais peu susceptible.
Une femme qui ne parle pas est 100 fois plus dangereuse, vous mieux comprendrez en la regardant l’expression « se fermer comme une huitre ».
Déjà qu'une femme qui parle est dangereuse (au volant, pour ne citer qu'un exemple), mais alors une femme qui ne parle pas... Messieurs, méfiez-vous. Le soir, quand votre femme s'allonge dans le lit conjugal, ferme les yeux et cesse de parler, ne vous laissez pas berner : en moins de 0,78 seconde, elle peut vous briser la nuque, vous assommer avec une poêle à frire, et vous envoyer un low-kick retourné dans la mâchoire.
Dans le doute, et pour vous protéger, dès qu'une femme s'arrête de parler, assénez-lui un immense coup de pelle, ce sera de la légitime défense.
Ou sinon, vous pouvez aussi observer la suite, ce qui ne manquera pas de venir parfaire votre connaissance scientifique des femmes. Vous mieux comprendrez alors (si si, vous mieux comprendrez) l'expression se fermer comme une huître (j'aurais peut-être dit "se fermer comme une moule" en l'occurrence, mais bon...), expression que vous utilisez déjà couramment. Ex: - Tu as fermé la maison chéri ? - Oui, comme une huître.
Oui mais si elle se ferme, c’est pour mieux vous faire regretter votre erreur et si elle ne parle pas, ne vous regarde pas et se met à l’écart, c’est pour mieux réfléchir à son plan diabolique et comploter dans votre dos. 
Durée : Quelques heures / Danger : Faible
Le danger de cette phase est donc faible, même si on nous dit 2 lignes plus haut qu'une femme qui ne parle pas est 100 fois plus dangereuse (qu'une huître, peut-être ? Ceci expliquerait cela.). Une femme qui parle est alors totalement inoffensive (sauf au volant, on l'a déjà dit, mais ceci n'a rien a voir avec le fait qu'elle parle ou pas).
Ne vous y trompez pas, cette femme est dangereuse en permanence.
Boudin : étape 2
Ensuite, la deuxième étape consiste à parler mais seulement si c'est pour vous dénigrer.
Durant la deuxième étape du boudin, la femme ne parle plus. Sauf pour vous balancer des vacheries.
- Tu me passes le sel ?
- C'est toi le sel.
- Elle va bien, ta copine Elsa ?
- Oui, elle est sympa, elle, au moins...
Et caetera, et caetera... D'ailleurs, ça marche aussi quand elle parle au facteur ou à la boulangère. Elle perd l'usage de la parole, sauf pour vous dénigrer. On appelle alors ceci "s'ouvrir comme une huître".
Toutes les remarques méchantes et blessantes sont bonnes à dire. Vous aurez donc les oreilles qui sifflent : « De toute façon, vous ne savez même pas planter un clou », « Votre belle mère est une plaie », « Votre dernier cadeau était en fait horriblement niais et ridicule »... Âmes sensibles s’abstenir.
Je vous laisse quelques secondes pour relire ça... Voila... Quand une femme se met en colère, elle en devient conne au point d'insulter sa propre mère. Ce qui doit certainement être très blessant pour l'homme en question, à n'en pas douter. C'est là que vous mieux comprenez (oui, toujours) l'expression : "raisonner comme une huître".
Heureusement que l'auteur avertit les âmes sensibles. Le dernier suicide chez France Telecom était d'ailleurs dû à un terrible échec à l'épreuve de plantage de clous, ce qui fait de la remarque "vous ne savez même pas planter un clou" une des remarques les plus blessantes du monde. Beethoven serait devenu sourd suite à cette remarque assassine (remarquez, il était en effet assez mauvais pour planter des clous). Âmes sensibles s’abstenir, donc...
Durée : Quelque jours puis elle se lassera ou n’aura plus d’imagination  / Danger : Moyen
Heureusement, on l'a vu, la femme a une imagination relativement limitée (pour en venir à parler clous...). Le danger est donc moyen, même si les conséquences de certaines remarques peuvent être terribles. 

Et paf, c'est tout un argumentaire qui tombe à l'eau.
Boudin : étape 3
L’avant dernière étape est celle du complot : amis, enfants, voisins, belle-mère, tous vont connaître l’abomination que vous avez faite ou dite. Vous ne pourrez donc pas compter sur leur soutien, ils se rallieront tout de suite à la cause d’une pauvre femme blessée.
Car oui, chaque fois qu'une femme fait la gueule (environ 3 fois par semaine, selon une récente étude), c'est à cause d'une abomination de votre part. La catégorie abomination a du être sérieusement revue à la baisse ces derniers temps. Si ça continue comme ça, la prochaine fois que vous oubliez de lui souhaiter sa fête, on va parler de crime contre l'humanité, votre femme faisant immédiatement figure de "pauvre femme blessée". Forcément, si l'auteur avait parlé de "vieille furie hors de ses gonds", ça aurait été moins attendrissant. Plus proche de la réalité, certes, mais moins attendrissant.
Qui a dit que les femmes étaient des êtres purs, naïfs et sincères et dotés d’une gentillesse et d’un pardon naturel ?
Alors là, je ne sais pas. Mais je serais curieux de le savoir. Selon Google, en tous cas, personne d'autre que l'auteur de cette bouse cet article. Ou alors les femmes étaient pures, sincères et gentilles, mais c'était il y a trèèès longtemps. Quelques centaines de milliers d'années au bas mot.
Durée : Selon l’importance de votre erreur, cela peut durer de quelques jours à quelques mois. / Danger : Important
Pour vous donner une idée de l'importance de votre erreur, ça va de quelques jours pour "regarder le match de foot à la place de Plus belle la vie", jusqu'à quelques mois pour "blague déplacée mais pourtant vachement drôle incluant votre secrétaire et une photocopieuse".

Boudin : étape 4
La dernière étape mais non la moindre, est la grève, voilà le mot d’ordre. Elle ne fera plus rien pour vous ! Finie la bonne nourriture, finis votre lit fait et vos chemises repassés.
Voici venir l'étape la plus terrible... qu'on pourrait aussi appeler "étape de libération de la femme", finalement. A noter que cette étape ne représente absolument aucun danger pour un homme qui sait se faire des pâtes, tirer une couette (ouhla, geste très technique), et tenir un fer à repasser.
Terminé le silence, les enfants pleurent et ont besoin d’aide pour leur devoir.
Ah, je croyais au contraire qu'avant, on n'avait pas de silence, une femme en bonne santé étant une femme qui parle tout le temps. Notez aussi que tant que votre femme ne vous fait pas la tête, vos enfants sont des petits génies qui n'ont jamais besoin d'aide pour leurs devoirs et qui ne pleurent jamais. Ils en profitent aussi sûrement pour lire Kant dans le texte et faire des répliques des statues de Michel-Ange. Par contre, au moment où votre femme commence à faire du boudin, patatra ; vos enfant commencent à chanter du Patrick Sébastien et à regarder La Roue de la Fortune... Des conséquences terribles.
Et sans oublier une des grèves la plus perverse, la grève du sexe, terminés les câlins sous la couette et bonjour le canapé et la bave du chien qui vous regarde dormir.
Remarquez, c'est peut-être à cette étape que j'aurais utilisé l'expression "se fermer comme une moule". Mais c'est mon avis personnel.
Messieurs, ayez donc toujours un peu de GHB sur vous pour passer sans encombre cette étape. Faites-moi confiance, je suis expert en psychologie féminine.
Durée : indéterminée, cela durera jusqu'à ce vous ayez lu la rubrique « Comment vous faire pardonner ?» et l’ayez appliquée à la lettre. / Danger: Très important
... sauf donc, pour les hommes un brin débrouillards et qui n'ont pas de chien.
Et, oh ! Quelle habile technique commerciale pour nous emmener sur l'article suivant, dont je vous épargnerai l'analyse (je vous promets que vous ne voulez pas ça). 

Voilà donc cette édition 2011 du "Guide du Boudin". Vivement l'édition 2012 !

J'ai quand même une dernière question pour vous, lecteurs. Si vous deviez comparer l'auteur de cet article à un animal, à quoi la compareriez-vous ? (Attention, de subtils indices se sont glissés dans cet article). 

Bingo !

samedi 7 mai 2011

Le Facebook de Ben Laden

On a beaucoup parlé de la mort (ou de la non-mort) d'Oussama Ben Laden. Mais finalement, on le connaissait assez peu.

Vous savez, c'est un peu comme cette personne, que l'on avait tous dans notre classe, et qui soudainement, au moment de lui dire au revoir à la fin de l'année, on se rend compte qu'on ne sait rien de lui. Eh bien, Ben Laden, c'était un peu comme ça...
Fort heureusement, j'ai réussi à accéder à sa page Facebook (figurez-vous que l'on avait plusieurs amis en commun, mais je ne m'étendrai pas sur le sujet).

Rien que pour vous, et en exclusivité, voilà la page Facebook d'Oussama Ben Laden (cliquez donc sur l'image, zoomez, et partez du bas pour une meilleure compréhension).

La page Facebook de Ben Laden - une exclusivité de l'Impoli.

mercredi 4 mai 2011

Ben Laden n'est pas mort

Quelques minutes après qu'elle ait été révélée, la nouvelle s'est répandue sur les télévisions du monde entier, animant des milliards de conversations, noircissant des millions de pages à travers le monde, monopolisant les pensées d'une grande partie des habitants de la planète.

Tandis que Barack Obama annonçait "une grande nouvelle" et "une date qui restera dans l'histoire", David Cameron déclarait que cet évènement "changerait sûrement la face du monde", Silvio Berlusconi saluait "un jour historique", et même le grand démocrate Kim Jong Il avouait que "cette annonce apporte un grand espoir à des milliards de personne. C'est sûr, rien ne sera comme avant". 
Depuis, de nombreuses rédactions couvrent l'évènement en direct, pour fournir au monde entier les informations au fur et à mesure de leur apparition. Et il faut reconnaître que la nouvelle est de taille : Jean-Pierre Chevènement sera candidat à l'élection présidentielle de 2012.

Voilà un moment bigrement bien choisi pour annoncer sa candidature.

Mais cette information, au delà de la vague d'espoir qu'elle apporte, et qui a entraîné des scènes de liesse jusqu'au fin fond du Balouchistan, a presque totalement éclipsé une autre information, que j'ai néanmoins relevée grâce à des sources particulièrement bien informées : les Etats-Unis d'Amérique ont également annoncé avoir tué Osama Ben Laden.

Je sais, l'information vous paraît surprenante. Pourtant, cherchez bien : après l'édition spéciale consacrée à la candidature de Jean-Pierre Chevènement en 2012, vous trouverez sûrement, perdu au milieu de la section "International" (section qui est bien plus développée dans l'Huma que dans le Figaro), un petit article sur la disparition de cet homme, qui avait défrayé la chronique il y a déjà quelques années, en septembre 2001. Bien qu'à l'époque, la nouvelle ait été masquée par la candidature de Jean-Pierre Chevènement aux présidentielles de 2002 (ne faites pas mine d'avoir oublié, je sais bien que cet (Ch)évènement a marqué vos vies durablement), Osama Ben Laden avait quand même réussi à occuper quelques pages des journaux en détournant des avions pour tuer plusieurs milliers d'innocents, prouvant par la même sa détermination sans limite pour faire la une des journaux.

Et voilà que soudainement, Barack Obama annonce la mort de l'homme le plus recherché au monde : Osama Ben Laden.
Alors, faut-il le croire ? Faut-il avaler sans réfléchir une information par nature difficilement vérifiable ?  C'est là que j'interviens, faisant fi des pressions et des dangers, n'écoutant aveuglément que mon devoir de citoyen. Je dénonce, j'accuse, je dénoue la supercherie, j'annonce : Ben Laden n'est pas mort !

Et je vous fais immédiatement partager mon raisonnement pour éclairer votre esprit embrumé des lumières de ma puissance intellectuelle (bon sang, cette douleur dans les chevilles...).

Passons rapidement sur les futilités rhétoriques qui fleurissent de part et d'autre : certes nous n'avons pas d'images du corps de Ben Laden, ni aucune preuve matérielle de sa mort, mais ce ne sont pas les indices les plus criants - de toutes façons, toute image ou vidéo publiée par les autorités américaines verrait sa véracité immédiatement mise en doute.

Déjà, la date : Osama Ben Laden a été prétendument tué dans la nuit du 30 avril au 1er mai, soit exactement la date de la mort d'Hitler, tout juste 66 ans après. Or, comme c'est bien connu que tout ce qui a un point commun avec Hitler est le mal absolu (spécial dédicace à Monsieur Godwin), cela nous mets immédiatement sur la voie d'un complot américain, destiné à nous faire croire à la mort du leader d'Al Qaïda. De plus, comme cité ci-dessus, la date tombe très exactement 555 jours avant l'élection présidentielle de 2012. 555, qui font 666 (le chiffre du diable !) si l'on y ajoute 1,5 fois l'âge de Jean-Pierre Chevènement. Coïncidence ? Je ne pense pas...

Mais l'indice déterminant est venu encore une fois d'internet. Il est aujourd'hui reconnu et accepté que, plutôt qu'un travail de terrain, une enquête approfondie, et un recoupement de l'information, la vérité profonde émerge des réseaux sociaux, Fessebouc et Touittère en première ligne, et des autres médias participatifs, tels que les skyblogs et les commentaires sur les articles en ligne. Méthode couramment adoptée par les journalistes modernes, cette nouvelle manière de rédiger des articles a fait ses preuves, car il est bien connu que si les masses disent quelque chose, alors ça doit sans doute être vrai.

Et cette fois encore, les masses ne se sont pas trompées. A commencer par Google, qui ne se trompe jamais, comme chacun sait. Pour une recherche sur Ben Laden, Google nous propose les deux solutions suivantes : Ben Laden n'est pas mort, et Ben Laden n'existe pas.



Un indice troublant, mais qui ne serait rien s'il n'était pas confirmé par les réseaux sociaux.
Comme l'annonçait Loulitou36 quelques heures après l'attentat "Ben Laden a été 1venter par lé Amériquains pr nou faire peur, en fèt il né pa mor !!!!". Révélation immédiatement reprise et détaillée par GrosLOL, qui twittait quelques minutes plus tard "Et com par hasar, on nou a ri1 di avant. Vs pensé vmt ke pr 1 oppération de cet ampleur, on auré rien vu venir ?", puis par des dizaines d'utilisateurs du site de micro-blogging. (Et souvenez-vous qu'à partir d'une dizaine de twitts, c'est suffisant pour écrire un article, dans le journalisme 2.0).

A mesure que les questions pertinentes et troublantes se répandaient sur la toile, le malaise des autorités était palpable. Relâchant tout d'abord un photo-montage de Ben Laden mort, avant de le retirer quelques heures plus tard, puis multipliant les déclarations contradictoires sur les détails de l'opération, cherchant à gagner du temps avant de publier les vraies photos (certainement le temps de faire un photo-montage plus crédible), les autorités américaines ont, en dernier recours, décidé de demander à Jean-Pierre Chevènement d'avancer l'annonce de sa candidature, espérant à juste titre que le battage médiatique autour de la nouvelle suffirait à faire oublier leur odieuse supercherie.

Malgré cela, les internautes ne relâchaient pas la pression, mettant à mal le montage américain. Le commentaire décisif est très certainement venu de PeTiT-FuTé qui, se servant d'une analyse croisée des annonces officielles d'une part, et de Google Maps d'autre part, allait porter le coup de grâce à la tromperie. Il remarquait subtilement en commentaire d'un article du 20minutes que, "Cmt les ricains ils on fé pr jeté le corps a la mère, alor ke y a mm pa la mer à Abitbol Abottad Abtodil la bas ?".

Et en effet, l'information a rapidement été confirmé par le gouvernement Pakistanais. La mer est à plusieurs centaines de kilomètres d'Abbottabad, prouvant non seulement qu'il était impossible aux Américains de jeter le corps à la mer (même en le lançant très très fort), mais surtout que les Américains ont vraiment une très mauvaise connaissance de la géographie de la province du Khyber Pakhtunkhwa (ça se prononce comme ça s'écrit).
Ou alors avec une énorme catapulte, à la limite...

A partir de là, les conclusions s'imposent d'elles-même. Toute cette histoire ne tient pas la route. Soit les Américains n'ont jamais tué Ben Laden, et il coule des jours heureux aux Bahamas avec Michael Jackson, Claude François et Hitler, soit -pire- il n'a jamais existé et il s'agirait en fait de Barack Obama avec une barbe et un turban... Autant de suppositions bien plus crédibles que la version officielle que l'on voudrait nous faire avaler.

Alors, l'habile subterfuge de la déclaration de candidature de Jean-Pierre Chevènement suffira-t-il à distraire l'attention ? Les futurs photo-montages américains seront-ils plus convaincants que les premiers ? Christine Boutin va-t-elle également se présenter en 2012 ?
Seul l'avenir nous le dira... En attendant, une seule chose est certaine : les internautes ne baisseront pas les bras, et continueront de leurs questions fracassantes à faire jaillir la vérité des instances comploteuses qui dirigent la planète. 
Car n'oubliez jamais que premièrement, "tout ce qui vient d'un gouvernement, d'un patron, ou d'une instance dirigeante a de grandes chances d'être faux", et deuxièmement que "vous serez toujours mieux placés que les autorités pour juger de la véracité d'un évènement". Armés de ces deux principes, je vous souhaite de nombreux commentaires et articles éclairés sur vos blogs, comptes touittère, comptes fessebouc, articles du Post, du 20minutes, ou des autres grands journaux qui prennent le soin d'aller chercher l'information à la source : internet.

vendredi 8 avril 2011

PETA s'épanouit

"Et c'est ainsi que l'usage intelligent des animaux permit à l'armée Carthaginoise de prendre pied dans la plaine du Pô", terminai-je. 
La simple vue de mon auditoire aurait du en décourager plus d'un : essayer de donner des notions de culture générale à nos futurs dirigeants n'est pas une mince affaire. Bien que brillants en surface, le fier aplomb des étudiants de l'ENA a tendance à rapidement disparaître lorsque nous entrons dans les détails. La plupart ouvrent de grands yeux innocents, essayant tant bien que mal d'assimiler une partie de mon immense savoir (mais, quelle est cette douleur dans mes chevilles ?).

Une étudiante, cependant, se dandine sur sa chaise. Blonde et fortement pulmonée, elle a été dotée de talents inégalement répartis - nul doute qu'elle ira loin.
"Quelque chose vous dérange, mademoiselle ?, lançai-je.
- Ben, heu, oui, quand même. Dans votre exposé, quand vous parlez des animaux, vous présentez l'utilisation des animaux comme quelque chose de bien. Alors, je sais qu'à l'époque, c'était dans les moeurs, mais là, on a l'impression que vous cautionnez ça.
- J'aurais aussi pu vous parler de l'usage des chèvres par les soldats français en Algérie avant 1962, vous auriez été autrement troublée. Mais, précisez votre pensée, je vous prie.
- Ben, il faut pas oublier que les animaux étaient exploités de manière brutale et sauvage, et que beaucoup sont morts pour ça alors qu'ils n'étaient pas responsables de ces guerres. Parce que en fait, vous voyez, je fais partie d'une association qui milite pour plus d'éthique dans le traitement des animaux, et...
- Vous voulez dire que vous faites partie de l'association PETA ?
- Oui monsieur l'Impoli, vous connaissez ?, me demanda-t-elle en arborant un sourire fier.
- De loin, seulement. Mais j'aimerais que ce soit d'encore plus loin.
- Oh, je suis sûr que vous avez une fausse idée de ce genre d'associations. Elles ont un combat très noble, et surtout très utile, vous savez. Nous sommes largement précurseurs sur de nombreuses questions liées aux animaux. Si vous voulez, je serai heureuse de répondre à vos questions sur notre combat.
- Mes questions ?, rétorquai-je avec un sourire entendu. Rassurez-vous, mademoiselle, d'autres ont déjà posé les questions. Etudions plutôt les réponses..."

L'auditoire redoubla d'attention. N'hésitant pas un instant, je filai sur la page des questions posées à l'association PETA (Pour une Ethique dans le Traitement des Animaux), une sorte de résumé de leur combat en 22 questions/réponses. Il y a 30 ans, on réclamait une étiquette dans le traitement des animaux, on veut aujourd'hui une éthique. Soit. C'est la suite logique.
Je parle uniquement ici du site de PETA France, car PETA s'est subdivisé par pays (heureusement qu'ils ne sont pas divisés par animaux, on a échappé de peu à PETA-Sajou ou PETA-chatte...).

Commençons par la première question, sur le droit des animaux. 
1.« Qu'entendez-vous par "droits des animaux" » ?
Chaque animal devrait avoir des droits indépendamment de l’intérêt que cet animal peut présenter pour les humains, qu'il soit mignon ou pas, que son espèce soit menacée de disparition ou pas, qu’un humain y soit attaché ou pas.
La réponse est ici très intéressante. Chaque animal, quel qu'il soit, devrait avoir des droits. Notez qu'on ne précise pas quels droits, histoire d'être un peu moins attaquable. Mais prenons au hasard le droit le plus basique : celui de ne pas se faire tuer gratuitement et inutilement. Si l'association revendique des droits, celui la sera forcément compris dedans. 
Parce que c'est vrai qu'un bébé phoque, ou qu'un petit chaton, c'est bidou tout plein, et que du coup, c'est pas juste de les massacrer, ou même de les maltraiter.
Mais on nous dit que TOUS les animaux devraient avoir des droits, peu importe son espèce, même si l'homme n'y est pas attaché, qu'il ne soit pas menacé de disparition, et qu'il ne représente aucun intérêt pour nous. Du coup, ces règles s'appliqueraient également aux blattes, aux moustiques, aux rats, dont nous n'avons pas le droit de disposer.... Très intéressant pour la suite.

Autant les gens se sont mobilisés contre le massacre des bébés phoques, autant contre le massacre des bébés blattes, on n'a pas vu grand monde.
2. « Quelle différence y a-t-il entre "droits des animaux" et "protection animale" ? »
Les associations de protection animale sont attachées au bien-être de l’animal mais acceptent de sacrifier ses intérêts dès lors qu’un humain en retire un avantage jugé en valoir la peine. Ceux qui militent pour les droits des animaux considèrent au contraire que les animaux ont, tout comme les humains, des intérêts qui ne peuvent être sacrifiés pour le simple motif que certains vont en retirer un avantage.
Voila l'application concrète de ce que nous avons commencé à développer. Prenons un exemple : Nadia, militante à PETA, découvre un beau matin sa cuisine envahie de blattes. Tout d'abord prise par un irrésistible élan d'amitié pour ces petits animaux, elle se ravise juste avant de leur faire un gros câlin avec le talon de ses chaussures. Car oui, ces petits animaux ont des intérêts : coloniser la cuisine de Nadia, se reproduire, trouver de la nourriture, travailler plus pour gagner plus, bref, des intérêts comme tout le monde. Malgré le fait que Nadia trouve un avantage certain à exterminer de manière cruelle ces insectes au demeurant fort sympathiques, elle réfléchit (hélas, elle a sans doute oublié de le faire au moment de s'engager pour PETA) : selon la charte qu'elle a signée, elle n'a pas le droit de sacrifier ces animaux, car elle milite pour leurs droits. Considérant un évident conflit d'intérêt, elle s'en ira sans doute chercher un juge d'instruction pour violation de propriété privée, puisque les questions de droit doivent se résoudre devant la justice. En cherchant un peu, on découvrira certainement que ces blattes ont passé la frontière en douce, et on se fera un plaisir de les remettre dans le prochain vol charter pour l'Afghanistan.
3. « De quels droits parle t-on ? »
Les animaux ont droit à une égale prise en considération de leurs intérêts. Un chien a indubitablement intérêt à ne pas se voir infliger des souffrances inutiles, par exemple. Par conséquent, il a le droit de ne pas se voir infliger des souffrances inutiles.
Ah, dommage, ils n'ont pas voulu reprendre mon exemple. Mais remplacez le mot chien par le mot blatte, ça marche tout aussi bien.
Très bien, on a bien compris. Mais reste une question : qu'en est-il des affreux animaux qui infligent des souffrances inutiles aux autres animaux ? Un chat qui joue avec une souris par exemple. Ou une lionne qui tue à petit feu une gazelle, qui avait pourtant intérêt à ne pas mourir, donc le droit de ne pas mourir. Pourtant, la lionne a intérêt à se nourrir, donc le droit de se nourrir.
Comment ça ? C'est naturel de tuer d'autres animaux pour se nourrir ? Certains animaux le font déjà ? Un monde où l'intérêt de l'animal le plus fort l'emporte, vous appelleriez cela la Nature ? Non, vous devez plaisanter.

Ou comment résoudre un conflit d'intérêt.
4.« Quels animaux faut-il prendre en compte ? Où se situe la limite ? »
Le célèbre Docteur Albert Schweitzer, qui a œuvré tant pour les hommes que pour les animaux, ne négligeait pas de remettre dans l’herbe un ver trouvé sur du béton. Conscient de ses responsabilités, il pensait que nous devons tous « juger au cas par cas, avec autant de sagesse et de compassion que possible. »
Comme quoi je ne vous mens pas en essayant de déformer leurs propos : tous les animaux doivent bien être pris en compte. Ils ne pourraient être plus clairs. Je propose quand même de confronter les membres de cette association aux inepties qu'ils débitent. Quelques épreuves à base d'araignées, blattes, moustiques (comment ça, ça existe déjà ? Fort Boyard, vous dites ?) devraient rapidement faire diminuer le nombre de membres féminins de l'association.

6. Croyez aux droits des animaux si vous le voulez. Mais pourquoi vouloir imposer vos convictions aux autres ?
Toutes les idées qui ont fait progresser la société ont justement consisté à se mêler de ce que font les autres, à expliquer par exemple qu’aucun être humain ne peut être réduit en esclavage ou qu’il est mal de violer une femme.
N'hésitons pas à mélanger les idées sans scrupules ni vergogne : plus on fait d'amalgames, et plus on a de chances de convaincre (nous allons voir tout à l'heure que ça va beaucoup plus loin que ça). Ben oui, parce que écraser négligemment du talon un insignifiant cloporte, on peut comparer ça sans hésiter à violer une femme.
Surtout, on inclut la question du droit des animaux dans la catégorie "idées qui ont fait progresser la société". Respecter les animaux, la nature et l'environnement fait certainement partie de ce lot, mais ici, on parle de droit. Et qui dit droit dit législation, procès, condamnations et tout le tralala. Et puisque les animaux ne pourront pas porter plainte, n'importe qui pourra porter plainte contre son voisin pour mauvais traitement infligé à un animal. La société sera-t-elle vraiment meilleure si les animaux ont des droits devant la justice ? Deux petites secondes de réflexion (pendant lesquelles vous pouvez imaginer un procès pour génocide de fourmis à un directeur d'une entreprise de nettoyage, un procès pour homicide involontaire à un père de famille qui a tapé un chevreuil en voiture...), et voila, le droit des animaux ne fait plus partie des idées qui font progresser la société.
8. Êtes-vous pour ou contre l’avortement ?
Hmmm... Ce site commence ici à être fabuleux. On aurait aussi pu poser "Quel est votre film préféré ?", "Qu'est-ce que vous pensez de la nouvelle coupe de Christine Boutin ?", ou "Vous a-t-on vraiment bercé trop près du mur quand vous étiez petit ?", ça n'aurait pas fait meilleur effet (quoique la dernière question aurait pu expliquer quelques détails).
12. « Comment justifier les dégâts s’élevant à des millions d’Euros provoqués par l'ALF (Animal Liberation Front) ? »
Pendant la Résistance, beaucoup d’hommes et de femmes guidés par leur conscience ont estimé devoir enfreindre les lois. De même, les militants de l'ALF ont choisi de sauver des vies.
Ah, qu'entends-je au loin ? Monsieur Godwin qui se rapproche ?
On oublie juste de préciser que pendant la seconde guerre mondiale, les résistants se battaient pour leur liberté, ou à la limite, pour celle d'individus de la même espèce. Remarquez, il faut bien reconnaître que la Gestapo anti-animale est très efficace en ce moment. Pas plus tard que la semaine dernière, ils ont arrêté un lapin de garenne avec un chapeau qui prétendait avoir été envoyé par le Général pour unifier la résistance, mais je m'égare...

La tête que ferait le Général s'il apprenait qu'on ose comparer le combat des résistants de 39-45 à celui de l'ALF.
13. « Pourquoi passer du temps à défendre les animaux quand il y a tant de gens qui souffrent ? »
Aider les animaux n’est ni plus ni moins important qu'aider les humains : les deux sont importants.
D'ailleurs, je suis encore scandalisé que lors du récent tremblement de terre au Japon, personne n'ait pensé à faire évacuer les chatons, ni à organiser une mission de secours pour remettre les thons à la mer après qu'ils aient été amenés loin de chez eux par le tsunami. Si c'est ni plus ni moins important, alors on devrait appliquer les mêmes mesures aux animaux qu'aux hommes lorsqu'on intervient sur ce type de catastrophes. 
Ou alors, c'est quand même plus important de sauver les individus de la même espèce que nous, que ça s'appelle la solidarité d'une espèce, qu'un humain ne vaut pas la même chose qu'un animal et que c'est justement parce qu'on a compris ça qu'on ne vit plus comme des animaux aujourd'hui... Mais ça, tout le monde ne l'a pas encore vraiment assimilé.

13. « La domination de l'homme sur les animaux est inscrite dans la Bible. »
Domination n'est pas tyrannie. La reine d'Angleterre « domine » ses sujets, mais elle n’a pas pour autant le droit de les manger ou de pratiquer des expériences scientifiques sur eux.
S'ils avaient été intelligents, ils auraient aussi pu répondre : "Oui, mais ce bouquin a été écrit il y a plusieurs milliers d'années, et c'est aussi pour ça qu'on trouve 15 lignes avant que le monde a été créé en 6 jours par un barbu perché sur un nuage." A quelques détails de vocabulaire, ça aurait été une réponse sensée.
Mais au lieu de ça, on entreprend de nous démontrer qu'on entend tout justifier grâce à n'importe quelle comparaison foireuse.
Exemple : "Un patron donne les orientations de son entreprise : a-t-il le droit de la vendre ?"
Réponse : "Le vent donne les orientations de la girouette, mais il n'a pas pour autant le droit de la vendre. Il en est de même pour le patron et son entreprise".

Levant la tête vers mes étudiants de l'ENA, je me rendis compte de mon erreur : ils n'avaient que trop bien compris ce point là, la plupart prenant déjà des notes. Et zut, flûte et crotte de bique, pestai-je en mon for intérieur, on va encore retrouver des comparaisons foireuses dans les discours politiques pour la génération à venir.
16. « Hitler n'était-il pas en faveur des droits des animaux ? »
Non. Les nazis avaient bien annoncé une loi contre la vivisection, mais elle n’a jamais été votée.
Ah, Monsieur Godwin ! Il me semblait bien que je vous avais entendu arriver. Les questions multiples de 8 doivent avoir un point commun, je pense. Celui d'être absurdes. Dommage que ça n'aille pas jusqu'à 24...
Monsieur Godwin, je vous laisse détailler cette question.

Tintin et Milou
Si Hitler aimait les animaux, alors aimer les animaux est mal. De même, si il aimait la blanquette de veau à l'ancienne, alors, c'est certainement mal (ça marche pour à peu près tout débat dont la logique est basse.... très basse).
19. « Êtes-vous déjà allé dans un abattoir ou dans un laboratoire de vivisection ? »
Il n’est pas nécessaire d’avoir visité ces lieux pour savoir ce qui s’y passe. Suffisamment de vidéos y ont été tournées, suffisamment de documents décrivent en détail ce qui s’y passe.
Ah, il faut quand même attendre la question 19 pour se rendre compte que les questions ne sont pas posées à l'association, mais à une personne. A qui ? On n'en sait absolument rien d'ailleurs... Ou peut-être que personne de l'association n'est jamais allé dans un abattoir ou un labo de recherche. D'ailleurs, il est bien connu qu'il est rarement nécessaire de se rendre sur place pour savoir ce qu'il se passe. Pas plus que de travailler dans le métier, ou de s'y connaître un minimum en la matière ; il y a juste besoin d'être con. Ces questions ne sont pas si bêtes que ça, finalement.

22. « Pourquoi la nudité dans les campagnes de PETA ? »
Notre mission est de promouvoir les droits des animaux auprès d’un public aussi large que possible, ce qui n’est pas toujours facile. Contrairement à nos opposants, qui sont en général des entreprises et des industries très prospères, PETA ne peut compter que sur la « publicité » gratuite qu’apporte une couverture médiatique.
Eh, oui. Parce que, pour toucher un grand nombre de personne, on peut soit tenir des propos fondés, justes, intelligents et percutants, ou alors on se met à poil. C'est un peu comme dans les films en fait ; si on veut qu'un film marche, soit on met un scénario construit et bien ficelé, soit on met des actrices pulpeuses et dénudées. Et le pire, c'est que ça marche...

Notez de plus que les opposants à PETA sont forcément des industries très prospères (donc sans doute un peu malhonnêtes), et en aucun cas des types normaux comme vous et moi (enfin, surtout comme vous) qui veulent simplement continuer à manger des steaks de temps à autre, et à écraser un moustique lorsque celui-ci vient leur tourner autour.

Fin des questions.
Je ne prends même pas la peine de vous montrer la page où Pamela Anderson - qu'est-ce que je vous disais il y a 5 lignes ? - nous explique que tous les animaux ont les mêmes parties du corps (à l'occasion, je lui demanderai de me comparer un serpent et un mouton...).

Pamela Anderson est réputée pour sa poitr... euh, sa logique et ses arguments... percutants.

Éteignant le rétroprojecteur, je me retournai vers mon interlocutrice : 
"Vous êtes toujours d'accord avec le message de cette association ?"
Elle dissimula prestement les restes de sa carte de membre de PETA qu'elle avait discrètement réduite en confettis lors de mon exposé.
- Ben, euh, oui, quand même sur le fond, mais c'est vrai que les animaux qui sont kikinous devraient quand même être plus importants que les blattes. Après, c'est quand même vachement....
- Et vous désirez faire carrière dans la politique ?
- Euh, oui, pourquoi ?
- Oh, juste comme ça. Finalement vous avez peut-être bien fait d'adhérer à cette association. Mais vu votre cas, je vous conseillerai de vous concentrer surtout sur la dernière question, la N°22. M'est avis que vous devriez obtenir des résultats tout à fait probants..."

mercredi 26 janvier 2011

L'observatoire des mensonges de la gauche

On l'avait déjà abordé ici, en politique, les jeunes sont une espèce à part. Ils ne peuvent pas faire de la politique comme tout le monde, donc on les mets dans des sections jeunes, dont les vieux sont très fiers, et on leur fait faire des trucs de jeunes, voire de d'jeuns. La section jeunes est au parti politique ce que Carla Bruni est à Sarkozy : on la sort de temps en temps, on lui fait faire des actes symboliques, on la montre aux médias, on en est très fier, mais elle ne sert à rien.

Alors, que font les d'jeuns ? Eh bien, selon les vieux (qu'on a plus de mal à appeler les d'vieux, ça rend moins bien), ils font des trucs sur internet, du sport, et des trucs dans la rue. On évitera soigneusement de les faire parler d'emploi, d'économie ou de géopolitique, mais on les laissera volontiers inaugurer le skate-park de Montereau, ou un site internet.

Et c'est d'ailleurs pour ça que s'est montée la iForce de l'UMP. Moi, perso, j'aurais plutôt écrit ça e-force, comme e-mail, e-bay, e-business... Mais ils ont du se dire qu'on était en France et qu'on devait donc écrire ça iForce. Ou alors, ils ont voulu copier une célèbre marque avec une pomme à moitié bouffée. 

Enfin toujours est-il qu'à une réunion, il a du se passer à peu près ça ; imaginez une petite salle d'à peine 80m² dans un petit appartement de 360m² dans le 18e arrondissement de Paris. Les d'jeunes de la iForce arrivent petit à petit dans le salon Louis XIII dont la hauteur sous plafond est 3,5 sarkozys environ (sachant que 1 sarkozy est 1,21 fois plus petit que 1 Sarko-à-talonnettes et qu'une talonnette mesure environ 3,7 centimètres, calculez la hauteur des plafonds du XVIIIe) .

Des femmes, des noirs, des arabes... Les jeunes de l'UMP luttent contre le communautarisme.

La septième et dernière personne, Louise-Henriette, vient d'arriver. Jacques-Etienne, qui préside la réunion, aimerait bien pouvoir lui arracher son petit chemisier Dior et lui faire sauvagement des choses pas très permises par le Pape sur la commode Louis XV du salon. Derrière ses lunettes Lacoste, il observe ses amis se placer autour de la table. Cheveux bien ordonnés et raies (à droite, naturellement) sont de rigueur. Voila l'heure de démarrer la réunion.
- Bienvenue à la réunion de la iForce, commence-t-il.
- lol, mdr, ump, ptdr, répondit la salle en coeur (n'oubliez pas que les d'jeuns parlent un langage de d'jeuns, alors que les jeunes parlent juste normalement).
- Bon, si on est là, c'est parce que la gauche nous met une dérouillée sur internet.
- Oui, c'est vrai, j'ai même lu des articles qui critiquaient notre président.
- Tu lis donc autre chose que le Figaro, Paul-Henri ?
- Oui, Charles-Edmond.
- Il faut donc réagir, reprend Jacques-Etienne. Il faut lancer une contre attaque sur internet. On va lancer notre site internet.
- Un seul site ? Parce que à peu près 90% des sites sur internet critiquent notre président.
- Fais pas de mauvais esprit, Charles-Edmond. On va commencer par un, et après, on en fera des milliers. De toutes façons, t'as une meilleure idée ?
- Ben, avoir un président qui fait moins de conneries, c'est une bonne idée aussi, non ? Ca pourrait faire taire les critiques.
Jacques-Etienne lui lança un regard dur (l'expression "un regard noir" a été expulsée par Brice Hortefeux). Ce Charles-Edmond est décidément bien contestataire ; sûrement un fils d'ouvrier...
- On est la iForce, les mecs. On est dans la section jeune, on est donc pas là pour faire de la vraie politique ! Bon, essayons de réfléchir, qu'est-ce qui fait que la gauche est populaire sur internet ?
- C'est parce qu'ils font rien qu'à critiquer !
- Bien vu ; nous aussi on va critiquer.
- Mais qu'est-ce qu'on va critiquer ? Ils font rien, puisqu'ils sont pas au pouvoir.
- Euh, ben, en fait, on va juste les observer. Et dès qu'ils nous critiqueront, on les critiquera encore plus.
- Ah, ouais, bonne idée...

Et c'est après cette réunion que fut décidée la création de l'observatoire des mensonges de la gauche. L'adresse c'est o-m-g.fr, parce que ça fait aussi OMG, et du coup, c'est LOL ! On attend avec impatience le site MORTDELOL.fr (Mouvement d'Observation de Rien et de Tout mais surtout de la Droite, des Extrêmes, de la Loi et des ses Orientations ; Lynchons-les !), contre-attaque de la gauche qui ne manquera pas d'observer l'observatoire de la droite.

De gauche, donc russe, donc mal .vs. de droite, donc moderne, donc bien.

Pour faire le site, la iForce n'a pas du beaucoup se fouler ; ils prennent une critique émise par une personne de gauche (de ce côté là, ils n'ont que l'embarras du choix), ils la mettent en police "Poutinovski" (un police imitation russe avec des R à l'envers, des X rayés, et des lettres qui font semblant d'être russes), et ils recopient en dessous la justification gouvernementale. En gros, ils n'observent pas grand chose, ils se contentent de justifier la politique du gouvernement. Charles-Edmond a bien objecté que "Mais est-ce qu'on ferait pas mieux de...", mais sa remarque n'a pas été autorisée a dépasser ce stade.

On y dit que le PS ne précise pas comment il finance ses mesures (on oublie de dire comment l'UMP finance son bouclier fiscal), on y dit que les responsables du PS ne sont pas d'accord entre eux (gros scoop), et on y blablate des arguments pas plus longs que 3 lignes et sur-entendus (ça reste des jeunes qui ont fait ce site, et un jeune ne peut pas être intelligent, rappelez-vous) pour défendre les projets gouvernementaux.

Par contre, ils ont juste oublié que, plutôt que d'observer la gauche qui n'est pas au pouvoir et du coup ne fait pas grand chose, ils pourraient aussi essayer de faire remonter les aspirations de la jeunesse à notre cher gouvernement. Ça serait plus utile, et ça leur permettrait de développer des argumentaires un brin plus long que la bite à Sarko ça. Mais... "Charles-Edmond, ta gueule !"

vendredi 3 décembre 2010

Wikifuites : le Wikileaks à la française

Depuis quelques jours, les journalistes du monde entier usent leurs claviers pour décortiquer jusque dans les moindres détails les quelques 250000 télégrammes américains qui ont été relâchés dans le domaine public par le site suédois Wikileaks.

250000, ça fait une somme, ma brave dame. Et tout ça sans qu'on s'en aperçoive. Parce que la copie de 250000 fichiers, ça ne doit pas passer inaperçu sur un réseau. M'est avis qu'il y a du avoir quelques licenciements suite à cette affaire. (Note personnelle : ne pas demander aux américains d'améliorer la sécurité informatique des réseaux diplomatiques français. Les Nord-Coréens ont l'air pas mal dans ce domaine).

Traduction : "Essaye de publier nos télégrammes et voila ce qu'on va t'envoyer". La Corée du Nord est très forte en matière de sécurité des réseaux.

Mais là n'est pas le coeur de la question. Considérons plutôt ce que les journalistes et les médias retirent de cette masse d'information à l'état brut. Et lorsqu'on voit ce qu'il ressort, deux constats sont frappants :

Premier constat : les gros titres veulent du people. Il suffit de voir quels articles sont les plus développés dans les journaux. On se fout pas mal des tensions entre le Yemen Sud et l'Arabie Saoudite, on se tape complètement de l'Afrique (y a-t-il même des diplomates sur ce continent ?), et des questions économiques, industrielles et scientifiques (il est bien connu que ces sujets sont d'une importance mineure, et que ce n'est pas ça qui fait avancer le monde). Par contre, on cherche les "petites phrases". 
Les petites phrases ont plusieurs avantages incontestables : elles sont simples à comprendre (pas besoin d'avoir fait des études, ni même d'avoir un pouvoir de réflexion supérieur à celui de Steevy Boulay d'une mouche pour en comprendre le sens), elles ne demandent absolument aucun talent à nos journalistes pour en faire un article, et surtout, elles "font le buzz".
Et aujourd'hui, faire le buzz, coco, c'est ça qui compte ! Parce que tu crois que notre journal il est lu par des prix Nobel ? Ce qu'on vise, c'est la ménagère de moins de 50 ans, et si ça te va pas, tu peux toujours aller raconter tes états d'âmes dans le bureau du PDG (rires).

C'est ainsi que les gros titres se focalisent sur le fait que Sarkozy ait été jugé autoritaire et capricieux, ou que Angela Merkel soit peu imaginative. On apprend aussi que Kadhafi ne peut pas voyager sans sa nurse Ukrainienne, blonde, jeune et pulpeuse. Voila, ça c'est de la diplomatie ; on veut des blondes aguicheuses, des petites phrases et des déclarations qui feront croire que le monde politique ressemble à une saison des Feux de l'Amour. C'est ce qui intéresse les gens, bien plus en tous cas que les questions politiques (Note personnelle : ne pas prendre les gens pour des cons, mais ne pas oublier qu'ils le sont).

Notons aussi que le travail de journalisme est énorme. Les guillemets fleurissent à tous les coins de phrase, et on ne compte plus les articles qui ne font qu'un copier-coller traduit d'un télégramme américain. Si le boulot des journalistes étaient de faire de l'analyse et du décryptage, ça se saurait...

Cela nous amène d'ailleurs au deuxième constat ; quand un document est classé top secret, il est également tout de suite beaucoup plus crédible. D'un coup, tout ce qui est marqué dans le document est pris pour argent comptant, et passe pour une vérité absolue. 
"T'as vu ? Ils ont dit que Angela Merkel n'avait pas d'imagination." 
"Ah ouais, c'est fou ! C'est vrai qu'elle a pas l'air futé !"
Et on balance ça dans tous les journaux sans même mentionner qui est l'auteur, ni sur quoi il se base pour dire ça. On ne peut pas imaginer un instant que l'obscur employé de l'ambassade américaine en Allemagne qui rapporte ses impressions dans un télégramme soit une grosse buse, qu'il ait un quelconque intérêt à dire ça, où qu'il se trompe dans son jugement. On ne dit pas d'ailleurs non plus si cet avis est confirmé par d'autres télégrammes, ou si c'est juste un court passage d'un petit télégramme et que tous les autres affirment qu'au contraire, il s'agit d'une personnalité brillante. 
D'ailleurs, à lire ce qui ressort dans les médias, on a l'impression que la moitié des présidents de la planète ont un QI à peine supérieur à un candidat de Secret Story ; à se demander comment ils ont pu monter jusque là, être choisi par leur entourage et leur parti politique, et élu par plus de la moitié des habitants d'un pays...

En plus, avouons que toutes les infos relâchées sont des scoops retentissants ; Sarkozy autoritaire et capricieux ? Nom d'une endive, voilà quelque chose que personne n'avait remarqué ! On comprend que le document soit classé secret. A peu près 18733 personnes ont du l'écrire avant, mais c'est vrai que quand c'est classé secret, ça a quand même vachement plus de poids.

"Sarkozy n'est pas grand" selon un télégramme américain. Reconnaissons que la nature des informations divulguées est hautement secrète.

Mais rangeons cet esprit critique dérangeant quelques instants, et essayons de tirer les leçons de cette histoire incongrue.
En tant que conseiller spécialisé en questions incongrues auprès du gouvernement, j'ai proposé au président Sarkozy de lancer un site équivalent à Wikileaks en français, batpisé "Wikifuites" et dans lequel on pourrait relâcher des télégrammes hyper-super-top-confidentiels-secrets. On y lirait, dans des télégrammes provenant des services secrets américains (car les services secrets américains ne mentent jamais et ne se trompent jamais, ils l'ont dit à la télé - forcément, si on avait relâché des télégrammes mozambicains, ça aurait fait moins de bruit) des titres divers et variés, immédiatement copiés-collés par tous les grands médias. Voici quelques exemples des titres qui sortiraient dans la presse :

 "Sarkozy est un grand président" (Wikifuites)
D'après les télégrammes de la CIA relâchés récemment sur Wikifuites, Sarkozy est jugé comme "quelqu'un d'hyper intelligent" par les diplomates américains, qui ajoutent d'ailleurs "il a raison sur toute la ligne" ou encore "d'ailleurs, il n'est pas si petit que ça".

"Martine Aubry a des grosses chevilles" (Wikifuites)
Un des télégrammes rendus publics aujourd'hui précise même qu'elle ne pourrait pas prendre l'avion sans ses bas de contention, et qu'elle insiste pour prendre un jus d'orange avec une touche de grenadine avant le décollage.

Bref, tout un tas de sujets passionnants qui pourraient nous permettre de faire passer en douce quelques réformes bien senties.

Le logo du site "Wikifuites" s'attirerait immédiatement les faveurs du troisième âge.

Le gouvernement pourrait également en profiter pour influencer en douceur la presse nationale, et se mettrait également les journalistes dans la poche, trop contents qu'on leur pré-mâche le boulot en les abreuvant de "petites phrases" faussement scandaleuses pour la plus grande joie des ménagères de moins de 50 ans (qui se feront ensuite mousser en lisant dans Le Monde des ragots au moins dignes de Closer).
Bon sang, pourquoi faut-il encore une fois traverser la manche pour trouver des infos de qualité : quand fera-t-on un appel du 18 juin pour le journalisme (ceux qui ont répondu "le 18 juin" montrent là un début de logique... rien n'est perdu).

lundi 18 octobre 2010

Comment savoir si je lui plais ?

Voila une question qui transcende les générations, et que toutes les jeunes filles en fleur se posent depuis la nuit des temps.
Car c'est bien là leur principale préoccupation ; pendant qu'elles vaquent à leurs occupations habituelles (comme faire le ménage, la cuisine, la vaisselle, le repassage, bref, toutes les activités pour lesquelles la gente féminine a été conçue), elle n'ont absolument aucune pensée qui leur traverse l'esprit, d'habitude déjà assez vide. 
Alors elles pensent à la seule chose qui importe vraiment ; les mecs ! Mais attention, pas les mecs tels qu'ils existent dans la vie de tous les jours, mais LE Mec avec un grand M comme dans les séries aMéricaines, c'est à dire un homme qui a 25 ans mais qui prétend en avoir 18, qui a des muscles comme pas deux mais pas un poil sur le menton, qui a un râtelier a faire rêver le département recherche et développement de Colgate, et des cheveux coiffés comme dans une pub de L'Oréal même après un marathon. Bref, le vrai Mec, l'Homme idéal ! Notez d'ailleurs que les paramètres intelligence, drôle, ouverture d'esprit, tourné vers les autres, et ce genre de conneries ne sont que très peu pris en compte dans les critères.

Mais comme les filles des collèges d'aujourd'hui sont à peu près aussi futées face à un homme qu'une chèvre Pakistanaise face à un problème de maths, elles ont besoin de conseils pour répondre à cette question fondamentale que le grand Pascal (Blaise, bien sûr, pas celui de la Star Ac) n'aurait pas renié ; comment savoir si je lui plais ? 
Je précise là que cet article s'adresse aux filles de 10 à 16 ans, celles qui se posent encore cette question. Si vous cherchez toujours sur internet pour avoir la réponse à cet question au delà de cet âge, je vous conseille de passer un peu moins de temps sur internet et un peu plus avec les garçons...

Pour certaines, les conseils de cet article sont inutiles. A la question "Est-ce que je lui plais ?", la réponse est "Non".

En tapant donc cette question sur internet, on tombe sur diverses conversations/forums/extraits de chat, où fort heureusement, des filles expertes en la matière, que l'on appelle volontiers salopes dans la vie courante (notez que si elles avaient été des hommes, on les aurait jalousement surnommés tombeurs), distillent leurs conseils en la matière. Et force est de reconnaître qu'elles en connaissent sacrément plus que nous sur les hommes. Nous avons tellement à apprendre sur le sujet, que je vais retranscrire ici les conseils les plus utiles. Nul doute qu'avec ça, vous saurez reconnaître en quelques secondes un homme qui s'intéresse à vous...

En premier lieu, on nous dit d'étudier le body language de l'homme en question. Parce que rappelez-vous, l'Homme est celui des séries américaines ; il faut donc parler avec des mots américains pour le séduire. L'expression "langage corporel" effrayerait en effet les jeunes filles en fleur qui lisent ce genre d'article.

Voila donc les conseils si précieux, je vous conseille de les lire attentivement (j'en ai sélectionné un petit nombre pour leur pertinence) :
Il fuit ton regard : C'est qu'il est timide, que tu l'impressionnes et qu'il ne peut donc pas soutenir ton regard. Ou alors, tu l'attires et il craint peut-être de tout gâcher en précipitant les choses. 
Il a tendance à regarder par terre lorsque vous discutez : C'est qu'il se concentre, qu'il cherche les mots pour être sur la même longueur d'ondes que toi. Il s'intéresse sincèrement à toi, tu peux lui faire confiance.
Il se frotte le menton, se caresse le cou et la gorge : C'est qu'il ne rêve que de toi mais qu'il ne sait pas comment s'y prendre pour te séduire. En se caressant le visage, c'est bien sûr toi qu'il imagine toucher. 
Il évite de te toucher, il tressaille quand tu passes, il retire brusquement sa main quand la tienne l'effleure... : C'est qu'il a quelque chose "à se reprocher"... Tu lui fais un effet tel qu'il n'ose pas t'approcher et encore moins te toucher. C'est donc à toi de faire le premier pas. 
Il tient son poing dans sa main : c'est qu'il est raide dingue de toi. Il se retient même pour ne pas te toucher ou t'embrasser.
Et là, messieurs, prenons quelques instants pour faire une petite mise en situation.  Détendez-vous, fermez les yeux, et imaginez-vous ceci (rouvrez quand même les yeux pour lire la suite du texte). 
En arrivant au boulot ce matin, on vous présente une nouvelle stagiaire. Comme vous travaillez dans l'informatique/l'ingénierie/la production/la mécanique, vous n'avez pas souvent l'occasion de rencontrer des filles au travail (si vous ne travaillez pas dans un des secteurs sus-cités, vous êtes un sacré veinard, savourez la chance que vous avez). 
"Chic", pensez-vous en votre for intérieur, et vous imaginez déjà une copie exacte de Clara Morgan avec une jupe aussi courte que notre président qu'affriolante.

Une étude est parvenu à déterminer l'image qui se forme dans l'esprit de 87% des hommes à la prononciation des mots "nouvelle stagiaire".

Hélas, on vous présente une croisement de Valérie Damidot avec un raton-laveur, avec un sale caractère (les autres filles se contenteront de dire poliment qu'elle a une forte personnalité), susceptible, râleuse et ennuyeuse à souhait. Elle aurait remporté haut la main le concours de Miss boudin de Provence si elle s'était présentée. Ce n'est pas encore cette fois-ci que vous testerez la solidité de la photocopieuse (même si avec cette fille, sa solidité serait sacrément éprouvée).


Étudions désormais votre comportement face à cette fille :

  • Vous fuyez son regard ; déjà elle n'est pas agréable à regarder, mais en plus elle semble vous observer. Vous priez Dieu/Allah/Bouddha/Vishnou et votre patron pour qu'elle ne s'imagine rien sur vos intentions.
  • Vous avez tendance à regarder par terre lorsqu'elle vous parle. Elle se met beaucoup trop près de vous lors de vos discussions, qu'elle s'arrange pour provoquer dès que possible. Ou alors elle ne se rend pas compte du volume qu'elle occupe et elle devrait peut-être se reculer de deux bons mètres.
  • Vous vous frottez le menton, le cou et la gorge. Vous cherchez des excuses nouvelles et crédibles pour refuser le resto qu'elle vous propose pour la troisième fois cette semaine. Ou alors vous faites de l'eczéma, ou vous êtes simplement mal rasé.
  • Vous évitez de la toucher : il ne manquerait plus que ça !
  • Vous tenez votre poing dans votre main : passés les premiers jours où la politesse l'emportait, vous essayez désormais de vous réfréner dans vos envies meurtrières. Cela dit, vous lui colleriez quand même bien un bon poing dans ses lunettes histoire qu'elle vous lâche définitivement.
Aucun doute, cette homme est en train de vous dire subtilement qu'il est raide dingue de vous.

La stagiaire est décontenancée devant votre body language. Vous lui plaisez terriblement, mais elle n'arrive pas à interpréter ce que vous pensez (sachez que ce que vous dites n'a aucune espèce d'importance ; une femme imagine généralement difficilement qu'on puisse simplement dire ce que l'on pense. Si vous dites "non", elle essayera de lire entre les lignes pour finalement comprendre que c'était peut-être un signe discret pour vous faire comprendre que "oui").

Elle tape donc sur internet : "Comment savoir si je lui plais ?", et elle tombe fort heureusement sur les conseils avisés des salopes expertes sus-citées. Après avoir lu ça, plus rien ne la retient, elle va foncer vous déclarer sa flamme.
Attendez là alors avec une batte de baseball ou un club de golf, et visez les genoux ; ce signe là devrait enfin lui faire comprendre clairement vos intentions.

Un dernier conseil pour vous, messieurs. Je cite (fautes d'orthographe incluses) : 
Il change brusquement de style vestimentaire et ne s'habille plus qu'en noir : c'est que, touché par la flèche de Cupidon, il a adopté le style des vrais romantique.
Sachez donc que seuls ceux qui s'habillent en noir sont des vrais romantiques, c'est à dire les gothiques, ceux qui viennent de perdre un membre de leur famille et ceux qui font la pub pour la lessive Mir Black. Si vous cherchez simplement à vous habiller avec goût, dommage, vous n'avez rien compris.

Ne vous y trompez pas, cet homme est en fait un grand romantique !

Un dernier conseil pour vous, mesdames. 
Pour ce qui est du langage corporel des hommes, il y a en effet des signes qui ne trompent pas pour savoir si vous plaisez à un homme, mais que je ne détaillerai pas ici (ce site étant accessible aux mineurs). Les hommes normaux sont en général des être simples, et si vous devez déjà aller chercher sur internet pour savoir si vous lui plaisez, c'est mauvais signe. 
Si vraiment vous voulez être sûre, demandez à ses amis, de préférence après quelques bière, et vous n'aurez absolument rien à décrypter. Malheureusement, ce conseil n'a encore été trouvé sur aucun site...