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mardi 13 septembre 2011

11 septembre : les cons complotent

11 septembre 2001 : des images terribles choquent le monde entier. 4 attentas suicides sont commis par Al Qaïda aux Etats-Unis d'Amérique, patrie des libertés et des burgers, tuant près de 3000 personnes.
Les images des attentats, relayées quasiment en direct par les chaînes de télévision du monde entier, sont tellement choquantes que la majorité des personnes se souviennent de ce qu'elles faisaient à ce moment là (ce qui permet à nos chaînes de télé favorites d'organiser des micro-trottoirs fascinants où l'on apprend que Georgette Michu était en train de changer la couche de son mari, et que Léon Duchemol était à une réunion du comité municipal sur l'aménagement des espaces verts... ça vaut vraiment la peine de le passer au 20h). 
Ah le micro-trottoir, ou comment faire passer l'avis de quelques péquenots pour de l'information.

A l'origine de cette folie meurtrière, le détournement de 4 avions de ligne par l'organisation terroriste islamiste (c'est synonyme) Al Qaïda. En effet, le....
Ah, désolé, je suis interrompu. "Oui monsieur ? Pardon ? Vous dîtes qu'en relayant de telles propos, je ne suis que l'écho d'un vaste complot politico-sioniste planétaire ? Que je ne devrais pas me faire l'écho de la doctrine capitalo-propagandiste des gouvernements libéraux au pouvoir ? Que je devrais faire fonctionner mon cerveau et tirer mes propres conclusions ?"
Bien... Allons-y...

Pour chaque évènement d'une certaine ampleur fleurissent de multiples théories, couramment appelées "théories du complot". En résumé, ça consiste à dire qu'on nous ment sur toute la ligne, ou qu'on nous cache la vérité pour diverses raisons. Et si ces raisons impliquent un gigantesque complot impliquant une société secrète à une échelle planétaire, alors la théorie a encore plus de chances de se propager.
Ces théories sont ardemment défendues, rarement par des gens hauts placés, par des personnes proches du dossier, ou par des experts dans le domaine, mais le plus souvent par des gens qui n'y connaissent rien, qui pourraient difficilement être plus loin du dossier, mais qui ont "trouvé sur internet" des preuves criantes et accablantes qui soutiennent leur théorie. Ce sont ces mêmes personnes qui, se croyant bien plus "éveillées" que vous, ricanerons sur l'air de "tu ne crois quand même pas à ça ?", lorsque vous évoquerez la "thèse officielle" (oui, ça fait beaucoup de guillemets dans la même phrase).

Revenons au 11 septembre. Et faisons fonctionner notre cerveau, comme ces gens nous le conseillent si bien. Partons des faits, donc :
  • 4 avions ont été détournés le jour du 11 septembre 2001
  • les messieurs pas vraiment gentils qui ont détourné les avions parlaient arabe et étaient franchement basanés
  • on a vu les avions qui s'écrasaient dans les tours jumelles à New-York
  • un monsieur pas vraiment connu pour ses oeuvres caritatives et du nom de Ben Laden a revendiqué ces attentats
  • ça faisait longtemps que ce monsieur disait qu'il voulait attaquer les Etats-Unis


Partant de ces faits, n'importe qui déduirait logiquement que... Ah, je suis encore interrompu.
"Oui monsieur ? Bien sûr que la théorie globale se tient, mais c'est dans les détails que ça cloche ? Par exemple, l'avion du Pentagone ?" Très bien...

C'est en effet là-dessus que reposent 99% des théories du complot : si on étudie les faits, tout paraît logique, mais certains détails sont suspects. Et ces détails suspects signifient forcément un essai de dissimulation à grande échelle, et ne peuvent en aucun cas s'expliquer logiquement par une logique un peu trop puissante pour ces spécialistes de comptoir.

Le cas de l'avion du Pentagone est en effet très intéressant. Puisqu'au niveau des faits avérés, on a :
  • un avion qui est détourné avec 64 personnes à son bord,
  • une explosion qui survient au Pentagone, provoquée par l'impact dans le bâtiment d'un truc très lourd et très rapide, à une heure qui correspond au temps que l'avion peut mettre depuis son départ à l'aéroport,
  • des bouts d'avions, dont les boîtes noires, qui sont retrouvés sur le site de l'explosion
  • trois autres attentats qui ont été perpétrés avec le même mode opératoire le même jour

Mais, et c'est là que le bât blesse, on n'a qu'une seule image très floue de l'appareil qui s'écrase contre le Pentagone. 
De là, tout s'enchaîne (attention, mettez votre logique en alerte et accrochez-vous) : 
- si on n'a pas d'image de l'avion, c'est donc que ce n'est pas un avion qui s'est écrasé dans le Pentagone,
- si ce n'est pas un avion, c'est forcément un missile,
- donc c'est le gouvernement américain qui l'a tiré,
- donc on nous ment...
C'est limpide et logique, n'importe qui voit ça en deux secondes.
Cela implique aussi accessoirement qu'on a fait disparaître un avion de ligne et ses 64 passagers, qu'un agent du gouvernement a discrètement jeté des bouts d'avions par terre après l'impact du missile, que les sauveteurs qui ont récupéré les boîtes noires ont menti parce qu'ils n'ont jamais vu les boîtes noires, de même que le labo qui a analysé les boîtes noires, que le labo qui a fait les analyses ADN sur les restes des corps des passagers a également menti, sans oublier le fait qu'un agent du gouvernement a tiré un missile sur le Pentagone en pleine journée sans se faire voir...
Entre la théorie officielle et celle du complot, laquelle vous paraît la plus logique ?

Tout s'explique...
Et quand on passe aux motivations qui ont conduit le gouvernement américain à faire ça (bein oui, parce qu'il doit quand même falloir un sacré prétexte pour tuer 3000 de ses concitoyens), ça paraît évident.
Voyons donc ce que les attentats du 11 septembre ont permis de faire au gouvernement américain. Ils ont certes permis de souder la population derrière leur gouvernement. Mais bon, si c'est ce qu'ils avaient voulu, ils l'auraient organiser dans l'année avant les élections, pas trois ans avant...
Ils ont aussi permis de déclencher une guerre en Afghanistan. Ah, donc c'est forcément pour le pétrole. Bein, oui, sauf qu'en Afghanistan, il n'y a pas vraiment de pétrole... Et puis qu'une guerre, c'est rarement bon, en terme d'opinion. Et puis aussi que Ben Laden était Saoudien, et que si ils avaient fait ça pour le pétrole, ils seraient plutôt allé en Arabie Saoudite qu'en Afghanistan.
Et puis il ne faut pas oublier que si c'est le gouvernement américain qui a organisé ça, ça veut dire que Ben Laden a accepté de revendiquer ça, en sachant qu'il serait du coup pourchassé pendant des années, haï par la moitié de la planète... pourquoi aurait-il accepté ça ?

Et ça marche aussi bien avec le reste : si le gouvernement américain réussit à faire écraser deux avions dans les twin towers, pourquoi aurait-il aussi installé des explosifs dans les tours ? Ca ne change pourtant quasiment rien à l'impact des attentats de faire s'écrouler les tours. Sans compter qu'il fallait des gens pour les installer, les acheter, les acheminer, ces explosifs, soit autant de risques de fuites. Et que si un avion loupait son objectif, alors on aurait découvert les explosifs... Soit énormément de risques pour un "gain" vraiment très faible. Comment un gouvernement si diaboliquement rusé pour mettre au point un plan comme celui-ci pourrait-il prendre des décisions aussi absurdes ?

"Oui monsieur ? Je simplifie ? Je fais moi-même partie du complot ?"
Imaginons un seul instant que ces théories soient vraies. Maintenant analysons-les avec le même esprit tatillon que ces mêmes personnes qui développent ces théories.... 
C'est assez fou de voir que des gens vont se croire malins, logiques et éveillés en s'arrêtant sur des tout petits détails de la thèse officielle, et que dans le même temps, ils vont développer une théorie aussi bancale que peu plausible. Mais que cette théorie va quand même leur paraître plus vraisemblable que l'officielle.

Prenons l'exemple de la lune : les hommes sont allés 7 fois sur la Lune, en ont ramenés des centaines de kilos de roche, qui ont été examinés par des milliers de scientifique de par le monde, le programme lunaire a fait travailler plus de 10 000 personnes, on a pu voir les fusées partir pour l'espace et atterrir une semaine plus tard... Mais parce qu'on a trouvé une photo d'un drapeau qui a l'air de flotter, on va pouvoir oublier tout le reste et dire que les hommes ne sont jamais allés sur la lune.
Et le pire, c'est que ça marche : plus d'un tiers des Américains croient que l'homme n'est jamais allé sur la Lune et 54% des Etats-Uniens ne croient pas à la théorie officielle des attentats du 11 septembre.... C'est affligeant...
Tiens, mais ne serait-ce pas d'ailleurs le même drapeau que sur la Lune ?
Les médias n'assureraient donc pas leur devoir d'information et d'explication ? Nooon, qu'est-ce qui vous fait dire ça...

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Il y a un an sur l'Impoli :

lundi 25 juillet 2011

La souche du problème

La Norvège. Pays dont on se sait finalement pas grand chose, tant on en parle peu habituellement dans nos médias franco-français. Tout ce qu'on sait généralement, c'est qu'ils ont des criques et des lagunes qui portent le même nom que des yaourts Danone, qu'ils ont des élans (ou des rennes, ou des caribous, on n'est plus très sûrs), et que leurs voisins ont inventé Ikéa.
Ce qu'on connaît le mieux de la Norvège.
Et voila que soudainement, elle se retrouve en une de tous les journaux. Finies, les négociations sur la crise européenne, finies, les 12 millions de personnes qui crèvent la faim en Somalie, finis, les insurgés syriens qui se battent pour leur liberté ; on ne parle plus que de la Norvège et du terrible massacre qui a secoué le pays. 
Non pas qu'il ne faut pas en parler, bien au contraire. Mais on est bien rapides à oublier les millions de Somaliens qui meurent... Je me posais la question : et si les évènements étaient survenus dans l'autre sens ? Aurait-on éclipsé les 94 Norvégiens pour parler des 12 millions de Somaliens ? Sûrement une question bête...

On dit qu'une blanche vaut deux noires. C'est faux. Aux yeux de nos médias, une vie blanche vaut bien plus que des milliers de vies noires. Car voilà bien le fait choquant : ce sont des blancs, blonds, qui ont été tués. Des fusillades qui tuent des dizaines de personnes, il y en a tous les mois au Pakistan et en Afghanistan, et on y accorde à peine quelques secondes en fin de JT, ou un recopiage de dépêche AFP en fin de journal.

Alors forcément, quand on entend "bombe", on pense "terrorisme". Et quand on pense "terrorisme", on pense... (allez, je suis sûr que vous l'avez)... "musulman", bien sûr. Et d'habitude, ça ne rate pas.
Mais ici, quelque chose cloche. Pas de musulmans, pas d'Arabes, pas d'Al Qaïda... Et c'est tellement surprenant qu'on nous précise que le suspect arrêté est "un Norvégien de souche" (expression reprise dans la quasi-totalité des médias français : Le Monde, Le Point, Le Parisien, le Figaro, Europe1,la Croix, le Nouvel-Obs, TF1...). Moi, une expression comme ça, ça m'interpelle. Détaillons ensemble, si vous le voulez bien.

"Norvégien de souche", ça signifie déjà qu'il y a deux types de Norvégiens. D'un côté, les vrais Norvégiens, les Norvégiens "de souche". Ceux-ci sont blonds, grands, ont des noms imprononçables, et surtout, ils sont purs : ils n'ont pas été croisés avec des immigrés, ils sont chrétiens et droits dans leurs bottes. C'est du 100% pur de chez nous. Et de l'autre côté, on a les Norvégiens au rabais. En fait, ce ne sont même pas des vrais Norvégiens. Avant, ils vivaient dans un pays nettement plus au Sud où on égorge des moutons et où on écrit à l'envers. D'ailleurs, regardez : ils sont musulmans, alors que les vrais Norvégiens sont chrétiens. Et ils parlent avec un accent bizarre. Bref, il n'y a vraiment que sur le papier qu'ils sont Norvégiens. Leur vraie nationalité, c'est "musulman" (rappelez-vous...). Ceux-là, on est habitués à ce qu'ils nous fassent péter des bombes. Mais un vrai, pur, blanc, Norvégien de souche, là, ça vaut quand même la peine qu'on le précise.

Quand on entend "attentat terroriste", on s'attend d'avantage à voir apparaître l'image de gauche que celle de droite.

Et tous les articles précisent que le suspect est "un Norvégien de souche", qu'il est "fondamentaliste chrétien", et "lié à l'extrême droite, même si cela ne permet pas d'établir un lien avec ses actes". Devinez ce que les mêmes médias auraient dit si à la place de s'être appelé Anders Behring Breivik, il s'était appelé Mohammed al Islam. On aurait dit "le suspect est d'origine arabe. Il est intégriste (personne n'aurait alors utilisé le terme "fondamentaliste") musulman, et ses sympathies avec l'Islam font immédiatement penser au spectre d'Al Qaïda", faisant ainsi joyeusement les amalgames habituels entre opinion, religion, terrorisme, origine, et Islam. Vous pensez que j'exagère ? Relisez les articles parus lors des derniers faits d'armes d'Al Qaïda en Europe...

Et derrière ces détails, qu'est-ce que ça aurait changé si le suspect n'avait pas été Norvégien "de souche" ? Les jeunes qui faisaient du camping sur l'île ne seraient pas morts ? On aurait trouvé ça plus normal ? On se serait contentés de dire "il est extrémiste musulman (deux mots pratiquement synonymes maintenant), c'est normal qu'il tue des innocents" ? 

Et encore, il n'a tué que des Norvégiens. Parce que si un Français avait eu le malheur de se retrouver dans ce carnage, on aurait encore eu droit au fameux titre "100 morts, dont un Français"... Comme quoi toutes les vies ne se valent pas. Pour les médias, en tous cas. J'ose encore espérer que pour le reste, tous les hommes naissent et demeurent égaux... Mais d'où je tire cette phrase, moi ? 

lundi 18 juillet 2011

La primaire, c'est secondaire

Il y a bien longtemps, une belle matinée de printemps...

Ce matin là, l'aube aux doigts roses vint comme tous les jours caresser de ses doux rayons le Mont Ida de Troade, au beau milieu d'une nature verdoyante. Une belle journée s'annonçait. Une de ces journées où le soleil brille de mille feux, les oiseaux gazouillent de mille chants, les insectes fourmillent de mille pattes, et les moutons paissent paisiblement dans cette campagne en éveil.  
Au coeur de ce bucolique tableau, le jeune berger forniquant surveillant paisiblement ses brebis était à des lieues de se douter de la rencontre inopinée qui allait changer son destin. 
Aussi, lorsque arrivèrent trois femmes splendides, toutes en formes et en rondeurs, semblant sorties de nulle part, il ne se dit rien d'autre que "Chic, ça me changera des brebis" "Tiens, voila du boudin", enfin, il ne se dit pas grand chose...

Héra aux bras blancs, Athéna aux yeux pers, et Aphrodite sortie des testicules (je vous jure que c'est comme ça qu'on traduit φιλομμειδής, et après on ose dire qu'Homère était un grand poète...), toutes plus belles les unes que les autres, venaient demander conseil au jeune Pâris. En effet, elles avaient un vrai problème :
- Humble Berger aux mains agiles, lui dit Héra, nous avons besoin de toi.
- Humble Berger aux choix habiles, lui dit Athéna, nous voulons connaître ton choix.
- Humble Berger aux brebis dociles, lui dit Aphrodite, qui est la plus belle entre nous trois ?

Pâris considéra un instant sa réponse. Il avait devant lui des femmes qui n'étaient ni sa soeur, ni sa mère, ce qui constituait déjà en soi un fait marquant. Et elles lui parlaient directement, ce qui n'était pour ainsi dire jamais arrivé auparavant. Peut-être que si il leur disait qu'elles étaient belles toutes les trois...

Le voyant hésitant, les déesses renchérirent :
- Parce que, en fait, tu vois, il y a des élections à l'Olympe d'ici quelques mois, et on sait pas vraiment qui on doit choisir d'entre nous pour avoir des chances de remporter l'élection.
- Oui, depuis toujours, ce sont les hommes qui ont dirigé l'Olympe, par l'intermédiaire de leur parti, l'Union des Mecs Puissants. Nous, on s'est regroupées pour former le Parti des Soubrettes, mais vu qu'à chaque fois, on se présente à plusieurs, bein, on n'est pas élues...
- Alors cette fois-ci, on a décidé de s'organiser, et de faire choisir quelqu'un d'autre. Comme ça on enverra qu'une seule personne, et on va sûrement remporter les élections.

Pâris prit un moment pour réfléchir, puis répondit :
- Et pourquoi n'envoyez-vous pas la meilleure d'entre vous ? Celle qui sera la plus apte à diriger l'Olympe ?
La réponse, en la personne d'Héra aux bras blancs, ne se fit pas attendre :
- Alors écoute, petit con : si on te demande de choisir entre nous, c'est justement parce qu'on n'y arrive pas. Figure-toi qu'on est quand même déesses, et pas n'importe lesquelles, et que ça entraîne un sacré sur-dimensionnement de notre ego. Du coup, on se croit toutes la meilleure, on se présente toutes à la fois, et c'est pour ça qu'on perd les élections depuis 20 ans. Alors, tes traits d'analyse à deux drachmes, tu nous les épargnes, s'il te plaît.

Le reste de l'histoire est de notoriété publique : les trois déesses firent des promesses complètement farfelues pour motiver Pâris à faire son choix, à base de "je te donnerai la plus belle femme du monde"... Heureusement qu'elles étaient divines pour pouvoir les rendre crédibles.

Mais c'est bel et bien à ce moment précis que naquit une invention majeure qui détermine encore aujourd'hui la vie politique de notre beau pays : les primaires politiques.

Depuis on a remplacé les pommes d'or par des bulletins de vote, pour des questions budgétaires...
Et c'est pour cela que, pour respecter cette bien belle tradition, il est de coutume qu'un peu avant les élections, toutes les personnes en âge d'être élues et à l'ego sur-dimensionné se retrouvent à Paris, fassent des promesses complètement farfelues et intenables, et remettent le choix de leur candidat final entre les mains d'autrui.

En 2011, la tradition est toujours bien vivace : après plusieurs années passées au niveau maternelle, les socialistes passent à la primaire.
Depuis le printemps dernier, saison des amours et des déclarations, les candidats se déclarent. Et ils se déclarent de manière tellement nombreuse, que l'idée de faire un annuaire et un trombinoscope des candidats déclarés est en ce moment à l'étude Rue de Solférino.

Pour vous faciliter la tâche, et vous donner une idée de l'ampleur du chantier en cours, je vous propose de passer en revue les candidats :

Martine Aubry
Une des candidates les plus en vue, Martine Aubry se présente elle-même comme la candidate du changement. En soi, c'est vachement novateur. Jusque là, tous les candidats qui se présentaient déclaraient qu'ils n'avaient absolument aucune nouvelle idée, qu'ils ne voulaient rien changer, et que finalement, on était pas si mal jusque là.
Elle a également décidé de rompre avec la tradition des engagements qui n'engagent à rien. On trouve d'ailleurs sur son site, en tête de page "Je prends l'engagement de la victoire en 2012". Voila un vrai engagement...

Le recueil des promesses de Martin Aubry pour 2012
Le reste du site présente lui-aussi de vrais combats, loin des promesses consensuelles : on trouve en bonne place "Martine Aubry, pour l'égalité femmes-hommes". Je vous l'avais dit, on est bien loin des phrases consensuelles et rhétoriques avec lesquelles on ne peut qu'être d'accord. Car ça appelle vraiment au débat : nul doute que la majorité va immédiatement se positionner sur le sujet, en lançant une grande contre-campagne à base "Pour la domination de l'homme sur la femme", "Martine, retourne dans ta cuisine", et de "Contre le droit des femmes, pour la dépénalisation du viol, et le retour au Moyen-Age". En Arabie Saoudite, je dis pas, une telle idée aurait certainement suscité le débat, mais en France...

Je ne vous ferai pas l'affront d'étudier son logo de campagne, les images parlent d'elles-même.


François Hollande
Le problème de François Hollande, c'est qu'il s'est trompé de pays. Cet homme a été fait sur mesure pour un autre pays, qui de plus, n'attend que lui.
Il existe en effet un pays, coincé entre la France et la Hollande, avec des gens qui parlent français et des gens qui parlent hollandais, qui n'ont pas de gouvernement depuis plus d'un an, et qui cherchent quelque un qui puisse les réconcilier : je parle bien sûr de la Belgique.
Alors, quand on s'appelle François et Hollande à la fois, c'est un signe du destin. Je conseille donc à François Hollande de faire 200 kilomètres vers le Nord, et de se présenter : il devrait être accueilli en sauveur, et il ne ferait pas concurrence aux autres éléphants candidats du PS.

En plus, il a toujours eu l'air un peu belge (oui, je sais, c'est gratuit, mais honnêtement, il a l'air un peu belge, non ?).

Ségolène Royal
Une fois n'est pas coutume, je pense qu'il faut oublier 2007, et donner à cette femme une deuxième chance. C'est pourquoi je tiens à saluer la bravitude dont elle a fait preuve en se relançant dans le débat politique après une telle déconfitude. La couragitude et la déterminatude dont elle a su faire preuve ne devraient nous inspirer que de l'admiritude, et de la respectitude.
Alors, cessons de ressortir les vieilles inexactitudes (ça se dit vraiment comme ça, je vous assure), et soutenons-là en 2012.

Arnaud Montebourg
Que dire d'un homme qui met des photos dignes d'un skyblog d'adolescente en en-tête de son blog ?
Manuel Valls
De même qu'Arnaud Montebourg, ce futur candidat malheureux est venu récemment rejoindre la valse (hu hu hu...) des candidats socialistes...
Allez, je lui donne 3,5% des votes. Et encore, je suis sympa...

Jean-Michel Baylet
Et là, nous sommes en droit de nous demander : mais d'où sort-il ? A 64 ans, Jean-Michel s'est légèrement enflammé : devant la liste des candidats déclarés qui s'allongeait, il s'est sans doute dit "Et pourquoi pas moi ?". La réponse est simple : parce qu'à part les 0,2% de sympathisants socialistes qui souhaitent voter pour lui, personne ne le connaît..

* * *
Voila, vous savez tout des primaires socialistes, et vous pourrez briller en société lorsque le sujet sera abordé. Vous pourrez même aller voter, si le coeur vous en dit. Mais n'oubliez pas que la primaire, c'est secondaire ; ce sont les présidentielles qui comptent vraiment !

jeudi 2 juin 2011

Les cons qu'ombrent les concombres

9 mois après sa brillante non-couverture des inondations au Pakistan, Léonard, jeune journaliste dynamique, continue son ascension (et ça tombe bien, c'est aujourd'hui) fulgurante dans sa non-moins brillante carrière de journaliste.
Maniant avec brio le conditionnel et les réseaux sociaux, qui sont les deux mamelles du web-journalisme 2.0, il a réussi à décrocher un poste très convoité, celui d'Assistant au Rédacteur en Chef Délégué aux Actualités Internationales. C'est lui qui, désormais, épluche les dépêches AFP (et les réseaux sociaux, parce qu'il ne faudrait pas oublier la base, quand même), et les présente au rédacteur en chef. 
Parfois, on lui demande même son avis sur les sujets à traiter ou à écarter : son avis est particulièrement écouté depuis qu'il a deviné avec justesse que les inondations au Pakistan, personne n'en aurait rien à carrer. Dans le monde du journalisme, c'est ce qu'on appelle avoir du flair. Et aujourd'hui, c'est ça qu'on cherche. Des mecs avec du flair, des mecs qui savent écouter la wave du web, et anticiper les buzz
Des gens qui font des enquêtes, savent garder traiter sans polémique les sujets brûlants, pas trop. Si ça faisait vendre, ça se saurait.

Un bon exemple de rédactrice en chef séléctionnée pour ses compétences.... en journalisme, bien entendu.
Ce matin là, Léonard arrive au bureau, auréolé de sa récente promotion. Son nouveau statut lui donne en effet l'autorisation sociale de draguer plus ouvertement Amandine, la petite stagiaire blonde et opulente, mais pas trop ouvertement non plus, parce que bon, "il s'agirait pas de finir comme DSK". Cette blague fait toujours autant marrer Gérard, son pote des horoscopes.

Sur la table ce matin là :
  • Une motion de censure proposée au parlement Japonais contre le premier ministre : Léonard envisage un moment le titre "Vote débridé au parlement des bridés", avant d'abandonner l'idée.
  • Les Emirats arabes unis ont entamé des négociations pour ajouter le Yuan à leurs réserves de devises : Bon Dieu, mais qu'est-ce qu'on en a à foutre ?, pense Léonard.
  • Les émeutes politiques se poursuivent au Burkina Faso : Ils s'arrêtent jamais d'inventer des pays, en Afrique ?
  • Le conflit en Lybie, les émeutes en Syrie, la crise nucléaire au Japon : c'est has-been, tout ça (le mot "éculé" n'a jamais existé qu'avec un "n" dans le vocabulaire de Léonard).
  • Alerte sanitaire : des doutes sur une bactérie en provenance d'Espagne.
Sur la dernière dépêche, Léonard s'arrête un moment. Normalement, une alerte sanitaire, c'est pas très bankable, mais on a déjà eu des exemples qui ont bien marché. La grippe A, la grippe aviaire, ça a fait un peu flipper les gens, et par voie de conséquence, ça a fait vendre.

Par contre, une bactérie au nom compliqué, c'est pas très sexy. Quoique, remarquez, une bactérie qui s'appelle Escherichia et qui provoque des diarrhées, c'est rigolo. Peut-être un titre du style "La Escherichia(nte) coli(que)", dans ce cas...
Mmmh, et puis non : il va falloir renommer tout ça. On avait renommé le virus H5N1 en grippe du poulet asiatique, la grippe H1N1 en grippe du porc mexicain, alors il va falloir trouver quelque chose du même acabit. 

Un rapide coup d'oeil sur la dépêche déclenche immédiatement un déclic dans l'esprit de Léonard. On suspecterait des concombres cultivés en Espagne d'être vecteurs de la maladie. 
Et là, d'un coup, on peut avoir un élément qui fait peur. "Les concombres espagnols seraient dangereux". Mmmh. Pas mal, mais pas encore terrible, se dit Léonard. Non, des concombres, ça ne fait pas peur. Il faut encore personnaliser d'avantage la menace. "La menace du concombre espagnol". Mieux, mais pas encore génial. "L'Allemagne tremble devant le concombre tueur espagnol". Aaah, là, on tient quelque chose, se dit Léonard.

Quinze minutes plus tard, le rédacteur en chef a approuvé, et le titre fait déjà la Une du journal sur Internet. 

Un portrait robot du tueur a d'ores et déjà été diffusé à Interpol.

Malheureusement, les journalistes comme Léonard sont légions. Loin de chercher à informer les gens, on cherche à faire peur pour faire le buzz. Et de part et d'autre, les rédactions personnalisent la bactérie pour en faire un véritable tueur en série : "Le spectre du concombre tueur touche la France" (un site d'information, 30 mai), "La traque au concombre tueur" (France 3, 30 mai), et l'appellation "concombre tueur" est largement reprise par les médias français (Le Monde, le Nouvel Obs, le Figaro...).

Le Post, qui est un peu au journalisme ce qu'un furoncle serait au postérieur de Natalie Portman, fait même un dossier "Faut-il avoir peur du concombre tueur ?". En soi, si dans le titre on nous parle déjà de "tueur", on cherche à peine à nous orienter vers la réponse "Oui, courez, barricadez-vous à double tour dans votre salle de bain, et n'hésitez pas à signaler à la police tout concombre suspect qui s'exprimerait avec un fort accent espagnol." Un titre du style "La bactérie Escherichia coli est-elle un buzz médiatique dont on n'a absolument rien à craindre ?", aurait orienté le lecteur vers une réponse totalement opposée. Et sans doute plus juste.

Parce que, essayons de replacer un moment les choses dans leur contexte, et surtout de les relativiser. Soit ce que devraient normalement faire les journalistes professionnels. 
Tous les ans, la grippe saisonnière touche en France entre 2 et 8 millions de personnes, pour faire entre 1500 et 2500 morts (source: Institut Pasteur, 2009). Mais elle n'est transportée ni par un légume, ni par un animal, et elle ne nous vient pas de l'étranger. Alors forcément, c'est moins vendeur. Et puis elle revient tous les ans en plus. Alors, maintenant, on la connaît bien. Les gens se sont également rendu compte qu'il n'y avait pas de raison de paniquer, et que, malgré des chiffres impressionnants, cela n'avait aucune raison de faire les gros titres des journaux.
Là, c'est différent. C'est nouveau, c'est frais, on peut mettre des titres ravageurs à des articles surchargés en conditionnel, et surtout, à défaut de les informer, on peut faire peur aux lecteurs. Alors, pourquoi s'en priver ?

J'attends avec impatience l'adaptation cinématographique : "World invasion : l'attaque des concombres tueurs espagnols". Remarquez, on n'est pas passé loin : on avait déjà eu l'Attaque des tomates tueuses, et l'Attaque de la Moussaka géante (hélas, si...).

Jusque dans les images, tout est choisi pour effrayer. Du Monde.fr, qui nous met une photo d'étal de marché pour nous dire "Attention, ce concombre que vous croisez toutes les semaines au marché peut vous tuer", au Nouvel Obs, qui nous prend une photo aux couleurs flashies d'une bactérie qui n'est même pas celle incriminée, on atteint des sommets. Mais la palme revient sans doute au Figaro, qui n'hésite pas à retoucher une photo de concombre pour nous le rendre véritablement effrayant. Un concombre... Rendez-vous compte à quel point nous sommes tombés bas.

Ou comment le Figaro essaye de vous faire peur avec un concombre...
J'aimerais imaginer la scène qui a conduit les journalistes à ceci :
"- Bon, cette histoire de concombre tueur, c'est pas mal, mais il nous faudrait des images un peu choc.
- Genre, quoi ?
- Genre, je sais pas, des images choc.
- Mais, patron, ça reste un concombre. Ca fait pas peur, un concombre. A la limite, ça pourrait faire peur à une femme de chambre du Sofitel, mais...
- Eh bein, arrangez-vous pour me le rendre effrayant. Retouchez-le, rajoutez-lui un brassard nazi, ou donnez-lui les traits de Valérie Damidot, faites ce que vous voulez, mais rendez-moi ce concombre effrayant".

Alors que moi, j'ai vu des images autrement plus effrayantes... Mais je m'éloigne de mon sujet.

Pour l'affaire du concombre tueur comme pour l'affaire DSK, il ne faudrait pas louper une occasion de faire des amalgames. Une interview largement relayée dans la presse précise que les producteurs français s'inquiètent, et déclarent que les concombres français peuvent être consommés sans crainte, au motif que :
Les conditions de production française n'ont rien à voir avec celles pratiquées en Espagne tant d'un point de vue environnemental que social.
Alors là, j'applaudis. Faire une telle déclaration alors qu'on ne sait pas encore d'où pourrait provenir la bactérie, c'est très fort. 
Déjà, les deux producteurs suspectés en Espagne étaient, l'un cultivateur bio, l'autre un cultivateur traditionnel (comprenez qu'il utilise plein d'engrais et de pesticides pour faire pousser ses concombres). Alors je serais curieux de savoir comment les production françaises peuvent "ne rien avoir à voir" avec ça. En France, on cultive les concombres, ni avec des produits, ni de manière bio : les concombres sont pondus par des poules élevées au lait de chèvre, alors on est sûrs à 100% qu'ils ne portent pas de bactérie...
Et deuxième point, les conditions de productions françaises n'ont rien à voir avec les conditions espagnoles d'un point de vue social... Prenez le temps de relire calmement. Vous ne le saviez peut-être pas, mais, le salaire que vous donnez à vos employés agricoles influe directement sur les bactéries qui se retrouvent dans les concombres. C'est surprenant, mais c'est comme ça. Ou alors, ça signifie qu'en France, on accorde une considération sociale importante aux concombres eux-mêmes : on leur donne le droit de grève, on leur fait toucher le RSA, et, eux, tout reconnaissants, en échange, ils acceptent de se débarrasser de leurs bactéries.

Je ne sais pas ce qui m'afflige le plus : le fait que quelqu'un puisse dire ça sérieusement, ou le fait que son propos soit largement relayé dans la presse nationale.

Les techniques du journalisme moderne permettent de relayer les propos des vrais spécialistes.

Tout ça pour découvrir, au final, que les concombres espagnols n'ont rien à voir dans cette histoire... Et tant pis si les cultivateurs espagnols n'arrivent plus à vendre leur production pour un petit bout de temps. Tant pis si 4 pays ont décrété un embargo sur les importations de légumes espagnols. Tant pis si la Russie a décrété une interdiction pour tous les légumes européens. Et tant pis si tout cela aurait pu être évité en faisant simplement preuve d'un peu de professionnalisme dans la presse.

"Les ravages économiques du conditionnel dans la presse", ça, ce serait un vrai titre. C'est peut-être un article que je pourrais faire... Ou alors, je pourrais faire des articles au conditionnel, et dire que j'informe les gens...
Mmmmh, je penche sérieusement pour la seconde solution. Si on pouvait faire fortune en faisant du journalisme sérieux, ça se saurait.

samedi 14 mai 2011

Tiens, voila du boudin !

D'où vient-on ? Où va-t-on ? Dans quel but ? Quelle est la quintessence de l'existence humaine dans une réalité gouvernée par la dichotomie manichéenne du bien et du mal ?
Autant de questions que l'Homme a su se poser au fil de l'histoire. Sans forcément y apporter de réponse, la simple réflexion qu'appelle la question est en soi un accomplissement. Ainsi, quelles ne furent pas les avancées apportées par le "qu'est-ce que la matière" de Démocrite ? Quel ne fut pas le retentissement du "être ou ne pas être ?" du personnage de Shakespeare ? Quelles ne furent pas les conséquences du "Le Pape ? Combien de divisions ?" de Staline ?
Aujourd'hui encore, l'Homme continue à poser les questions qui font l'Histoire, dans un élan de l'esprit comparable à l'envol éthéré de tout un peuple qui aspire à d'avantage de savoir.

Ce qui m'amène tout naturellement à vous parler d'une question soulevée par un grand magazine philosophique, digne héritière des questions sus-citées :

Pourquoi les hommes crient et les femmes font du boudin ?

Faisant fi des pressions politiques et des conséquences terribles que pourraient entraîner un débat sur le sujet, Elleraconte.com -oh, le beau site- apporte des éléments de réponses à une question qui taraude l'humanité depuis des siècles. Le premier à se poser la question aurait été Louis XII de France, peut-être parce qu'il était marié à un sacré boudin, mais ceci est une autre histoire...
Laissons immédiatement de côté vos récriminations sur le bien-fondé profond de la question, et analysons immédiatement la réponse.

Le mot boudin s’appliquera ici seulement à la femme. Eh oui, le boudin est à 90% féminin.
Dès le début de l'article, l'auteur frappe très fort. Voila la réponse à la question "Pourquoi les femmes font du boudin ?". Parce que le boudin est à 90% féminin. C'est simple, mais il fallait y penser.

Ce pourcentage fort précis a été déterminé à la suite d'une étude rigoureuse du LACONE du CNRS (le Laboratoire d'Analyse en Charcuterie et d'Observation de la Nature des Etrons). Après avoir disséqué grand nombre de boudins (opération dont Valérie Damidot a réchappé de justesse), les résultats sont formels : le boudin n'est composé de testicules qu'à hauteur de 10%. On peut donc immédiatement en déduire que le boudin est à 90% féminin.
Eugène Boudin, où l'homme qui fait mentir la science.
Les hommes se contentent, quant à eux, de grogner, de s’énerver, de crier et de tirer la tronche car ils sont plus dans l’action que nous.
Il est bien connu que peu de femmes sont dans l'action. A peine capables de tenir un balai en main (ou un aspirateur, ne soyons pas rétrogrades), elles sont tout juste aptes à faire du boudin. En tous les cas, grogner, crier et tirer la tronche sont des actions qui requièrent bien plus de neurones que ce que le petit cerveau de la femme ne comporte. Ces actions nobles sont l'apanage des hommes, qui d'ailleurs, s'en contentent. Une fois que les hommes ont grogné, crié et tiré la tronche, ils vont se coucher avec la satisfaction d'une journée bien remplie.
Le boudin féminin est beaucoup plus recherché... On pourrait même dire travaillé, mais s'il nécessite un guide, c’est aussi parce qu’il est pervers et qu’on a parfois du mal à en comprendre la cause.
Sachez que c'est quand même une femme qui parle. Les femmes, ces êtres étranges à mi-chemin entre l'homme et Vincent Mc Doom, travaillent donc régulièrement leur boudin. C'est un peu l'équivalent des gammes chez un pianiste, ou de la langue de bois chez un politique : c'est la base même du métier. Un phénomène que l'auteur se propose de nous faire découvrir au travers d'un guide du boudin (2 pages, Editions Atlas). C'est un peu comme le guide du Routard, mais en moins long. En moins intéressant aussi...
Partons donc à la découverte de ce boudin pervers (ne dérivons pas, je vous vois venir, bande de petits coquins).
Il y a 4 étapes essentielles concernant le boudin féminin et à chaque étape correspond une manière de réagir.
Même si vous verrez au cours de cet article qu'on ne nous dit absolument pas comment réagir. Sûrement un truc que la science n'a pas encore découvert.

Boudin: étape 1
On sait qu’une femme fait du boudin lorsqu’elle ne parle plus. C’est la première caractéristique et vous auriez tort Messieurs de croire que vous serez plus tranquilles ainsi et que vous aurez la paix.
Messieurs, sachez-le : dès que votre femme ne parle plus, c'est qu'elle vous fait la tête. Parfois, vous pourrez croire qu'elle est en train de dormir, de manger, de jouer de la musique, de regarder un film, ou simplement de ne rien faire. Détrompez-vous, malheureux ! Rappelez-vous que la femme est perverse. Ce n'est qu'un subterfuge pour vous induire en erreur ; en réalité, elle fait du boudin, et vous en veut à mort.
Une femme bavarde a donc moins de chances de faire du boudin. Une pipelette est une femme peu susceptible. Casse-couilles, peut-être, mais peu susceptible.
Une femme qui ne parle pas est 100 fois plus dangereuse, vous mieux comprendrez en la regardant l’expression « se fermer comme une huitre ».
Déjà qu'une femme qui parle est dangereuse (au volant, pour ne citer qu'un exemple), mais alors une femme qui ne parle pas... Messieurs, méfiez-vous. Le soir, quand votre femme s'allonge dans le lit conjugal, ferme les yeux et cesse de parler, ne vous laissez pas berner : en moins de 0,78 seconde, elle peut vous briser la nuque, vous assommer avec une poêle à frire, et vous envoyer un low-kick retourné dans la mâchoire.
Dans le doute, et pour vous protéger, dès qu'une femme s'arrête de parler, assénez-lui un immense coup de pelle, ce sera de la légitime défense.
Ou sinon, vous pouvez aussi observer la suite, ce qui ne manquera pas de venir parfaire votre connaissance scientifique des femmes. Vous mieux comprendrez alors (si si, vous mieux comprendrez) l'expression se fermer comme une huître (j'aurais peut-être dit "se fermer comme une moule" en l'occurrence, mais bon...), expression que vous utilisez déjà couramment. Ex: - Tu as fermé la maison chéri ? - Oui, comme une huître.
Oui mais si elle se ferme, c’est pour mieux vous faire regretter votre erreur et si elle ne parle pas, ne vous regarde pas et se met à l’écart, c’est pour mieux réfléchir à son plan diabolique et comploter dans votre dos. 
Durée : Quelques heures / Danger : Faible
Le danger de cette phase est donc faible, même si on nous dit 2 lignes plus haut qu'une femme qui ne parle pas est 100 fois plus dangereuse (qu'une huître, peut-être ? Ceci expliquerait cela.). Une femme qui parle est alors totalement inoffensive (sauf au volant, on l'a déjà dit, mais ceci n'a rien a voir avec le fait qu'elle parle ou pas).
Ne vous y trompez pas, cette femme est dangereuse en permanence.
Boudin : étape 2
Ensuite, la deuxième étape consiste à parler mais seulement si c'est pour vous dénigrer.
Durant la deuxième étape du boudin, la femme ne parle plus. Sauf pour vous balancer des vacheries.
- Tu me passes le sel ?
- C'est toi le sel.
- Elle va bien, ta copine Elsa ?
- Oui, elle est sympa, elle, au moins...
Et caetera, et caetera... D'ailleurs, ça marche aussi quand elle parle au facteur ou à la boulangère. Elle perd l'usage de la parole, sauf pour vous dénigrer. On appelle alors ceci "s'ouvrir comme une huître".
Toutes les remarques méchantes et blessantes sont bonnes à dire. Vous aurez donc les oreilles qui sifflent : « De toute façon, vous ne savez même pas planter un clou », « Votre belle mère est une plaie », « Votre dernier cadeau était en fait horriblement niais et ridicule »... Âmes sensibles s’abstenir.
Je vous laisse quelques secondes pour relire ça... Voila... Quand une femme se met en colère, elle en devient conne au point d'insulter sa propre mère. Ce qui doit certainement être très blessant pour l'homme en question, à n'en pas douter. C'est là que vous mieux comprenez (oui, toujours) l'expression : "raisonner comme une huître".
Heureusement que l'auteur avertit les âmes sensibles. Le dernier suicide chez France Telecom était d'ailleurs dû à un terrible échec à l'épreuve de plantage de clous, ce qui fait de la remarque "vous ne savez même pas planter un clou" une des remarques les plus blessantes du monde. Beethoven serait devenu sourd suite à cette remarque assassine (remarquez, il était en effet assez mauvais pour planter des clous). Âmes sensibles s’abstenir, donc...
Durée : Quelque jours puis elle se lassera ou n’aura plus d’imagination  / Danger : Moyen
Heureusement, on l'a vu, la femme a une imagination relativement limitée (pour en venir à parler clous...). Le danger est donc moyen, même si les conséquences de certaines remarques peuvent être terribles. 

Et paf, c'est tout un argumentaire qui tombe à l'eau.
Boudin : étape 3
L’avant dernière étape est celle du complot : amis, enfants, voisins, belle-mère, tous vont connaître l’abomination que vous avez faite ou dite. Vous ne pourrez donc pas compter sur leur soutien, ils se rallieront tout de suite à la cause d’une pauvre femme blessée.
Car oui, chaque fois qu'une femme fait la gueule (environ 3 fois par semaine, selon une récente étude), c'est à cause d'une abomination de votre part. La catégorie abomination a du être sérieusement revue à la baisse ces derniers temps. Si ça continue comme ça, la prochaine fois que vous oubliez de lui souhaiter sa fête, on va parler de crime contre l'humanité, votre femme faisant immédiatement figure de "pauvre femme blessée". Forcément, si l'auteur avait parlé de "vieille furie hors de ses gonds", ça aurait été moins attendrissant. Plus proche de la réalité, certes, mais moins attendrissant.
Qui a dit que les femmes étaient des êtres purs, naïfs et sincères et dotés d’une gentillesse et d’un pardon naturel ?
Alors là, je ne sais pas. Mais je serais curieux de le savoir. Selon Google, en tous cas, personne d'autre que l'auteur de cette bouse cet article. Ou alors les femmes étaient pures, sincères et gentilles, mais c'était il y a trèèès longtemps. Quelques centaines de milliers d'années au bas mot.
Durée : Selon l’importance de votre erreur, cela peut durer de quelques jours à quelques mois. / Danger : Important
Pour vous donner une idée de l'importance de votre erreur, ça va de quelques jours pour "regarder le match de foot à la place de Plus belle la vie", jusqu'à quelques mois pour "blague déplacée mais pourtant vachement drôle incluant votre secrétaire et une photocopieuse".

Boudin : étape 4
La dernière étape mais non la moindre, est la grève, voilà le mot d’ordre. Elle ne fera plus rien pour vous ! Finie la bonne nourriture, finis votre lit fait et vos chemises repassés.
Voici venir l'étape la plus terrible... qu'on pourrait aussi appeler "étape de libération de la femme", finalement. A noter que cette étape ne représente absolument aucun danger pour un homme qui sait se faire des pâtes, tirer une couette (ouhla, geste très technique), et tenir un fer à repasser.
Terminé le silence, les enfants pleurent et ont besoin d’aide pour leur devoir.
Ah, je croyais au contraire qu'avant, on n'avait pas de silence, une femme en bonne santé étant une femme qui parle tout le temps. Notez aussi que tant que votre femme ne vous fait pas la tête, vos enfants sont des petits génies qui n'ont jamais besoin d'aide pour leurs devoirs et qui ne pleurent jamais. Ils en profitent aussi sûrement pour lire Kant dans le texte et faire des répliques des statues de Michel-Ange. Par contre, au moment où votre femme commence à faire du boudin, patatra ; vos enfant commencent à chanter du Patrick Sébastien et à regarder La Roue de la Fortune... Des conséquences terribles.
Et sans oublier une des grèves la plus perverse, la grève du sexe, terminés les câlins sous la couette et bonjour le canapé et la bave du chien qui vous regarde dormir.
Remarquez, c'est peut-être à cette étape que j'aurais utilisé l'expression "se fermer comme une moule". Mais c'est mon avis personnel.
Messieurs, ayez donc toujours un peu de GHB sur vous pour passer sans encombre cette étape. Faites-moi confiance, je suis expert en psychologie féminine.
Durée : indéterminée, cela durera jusqu'à ce vous ayez lu la rubrique « Comment vous faire pardonner ?» et l’ayez appliquée à la lettre. / Danger: Très important
... sauf donc, pour les hommes un brin débrouillards et qui n'ont pas de chien.
Et, oh ! Quelle habile technique commerciale pour nous emmener sur l'article suivant, dont je vous épargnerai l'analyse (je vous promets que vous ne voulez pas ça). 

Voilà donc cette édition 2011 du "Guide du Boudin". Vivement l'édition 2012 !

J'ai quand même une dernière question pour vous, lecteurs. Si vous deviez comparer l'auteur de cet article à un animal, à quoi la compareriez-vous ? (Attention, de subtils indices se sont glissés dans cet article). 

Bingo !

samedi 30 avril 2011

A Thor et à travers

Le soleil se lève sur Asgard. Thor, encore ensommeillé, grommelle tandis que Sif, sa femme à la chevelure d'or (qui est aussi très forte pour le ménage à la Javel), le réveille.
- Thor ! Thors ! Viens voir !
- Mmmh qu'est-ce qu'il y a ? Je t'ai déjà dit que le mariage royal ne m'intéressait pas. Laisse-moi dormir.
- Non. Cette fois-ci, ça va vraiment t'intéresser.
- Ah ?
Thor leva un sourcil endormi de sous la couette. Depuis quelques siècles en effet, depuis que les mortels ne croient plus en lui et que les Scandinaves préfèrent passer leur temps à Ikéa plutôt que dans les temples, Thor s'emmerde. Sif s'est reconvertie dans la lecture des magazines people, Odin a monté son association de curling... bref, les habitants d'Asgard mènent une tranquille vie de retraités.
- Ce sont les mortels, continua Sif, ils ont fait un film sur toi.
- Aïe, fit Thor, que son instinct trompait rarement. Mauvaise nouvelle. Y-a-t-il autre chose que je dois savoir ?
- Oui, c'est en 3D.
- Et merde. Bon, tu as bien fait de me prévenir quand même. Quand faut y aller...

Thor se dirigea directement vers la salle de cinéma d'Asgard, enfila ses lunettes 3D, et commença le visionnage du film.

Le courage est immortel. Malheureusement, la connerie aussi.

C'est la nuit, Jane Foster (alias Natalie Portman), chercheuse en cosmologie, étudie des phénomènes étranges. Elle se promène donc la nuit avec un ordinateur qui fait plein de bruit (dans les films américains, tous les ordinateurs font un boucan d'enfer sans que personne n'ait jamais pensé à couper le son) et des instruments de mesure.
Soudain, ce qu'elle attendait arrive : une immense tornade se forme. Pile à l'endroit et à l'heure où elle l'attendait, ce qui prouve bien la nature scientifique et prévisible du phénomène, confirmant par là-même les hypothèses de Jane.

Plutôt que de l'observer de loin, elle monte dans sa camionnette avec son assistante et un autre professeur, et fonce vers la tornade. C'était naturellement la chose la plus intelligente à faire quand on voit un phénomène violent : foncer dedans. En plus, c'est surement dans la tornade, avec la terre qui vole et le vent violent, qu'elle aura les meilleurs images du phénomène. Quelque chose me dit que Jane Foster n'aurait pas survécu longtemps au Japon.
Jusqu'à ce que, au coeur de la tornade, le véhicule heurte un homme. En sortant du véhicule, la tempête se calme, pour laisser voir un homme blond inanimé. Mais qui cela peut-il bien être ?, s'exclame Jane (qui ne connaît donc pas le titre du film).

Revenons un peu en arrière. 
Il y a bien longtemps, les Géants de Glace avaient envahi la Terre, tuant tout sur leur passage et terrorisant les humains. On ne sait pas trop bien comment, ni pourquoi ils faisaient ça, d'ailleurs. Sûrement parce que ce sont des méchants, et que leur seule raison d'être est justement d'être méchant et de tuer plein de pauvres innocents.
Fort heureusement, les habitants d'Asgard sont intervenus pour sauver l'humanité. On ne sait pas trop pourquoi ils sont intervenus, d'ailleurs. Surement que les guerriers Asgardiens avaient du voir à quoi ressemblaient les Suédoises, et qu'ils espéraient une petite récompense après leur avoir sauvé la vie. Mais  ceci est une interprétation tout à fait personnelle... 
Après avoir arrêté toutes les tentatives d'attaque des Géants de Glace, les Asgardiens (nommés "Asgardiens de but", pour avoir bien arrêté les attaques) les renvoyèrent dans leur congélateur royaume, en leur confisquant le coffre magique qui leur donnait leurs pouvoirs. 

Depuis, tout va bien : les hommes se sont développés, ont inventé les magazines féminins et le cinéma 3D, ce qui fait que plus personne ne s'occupe ni des Géants de Glace, ni des dieux d'Asgard. 
Jusqu'au jour où Thor doit être couronné roi d'Asgard. Des 4 coins d'Asgard, des gens sont venus assister à l'évènement : d'Asgard du Nord, d'Asgard de l'Est, d'Asgard de Lyon et d'Asgard Montparnasse, tout le royaume est là. 
Odin, père de Thor et roi d'Asgard, s'apprête à passer sa couronne à l'aîné de ses deux fils. Car Thor a en effet un frère cadet, Loki, qui semble être un peu jaloux de ne pas avoir été choisi pour régner. Loki ne sourit pour ainsi dire jamais, il a le visage sombre et fermé, et est un des seuls habitants du royaume à avoir les cheveux noirs (tiens ? et personne ne trouve ça louche ?). 
- Jure-tu de protéger le royaume, et de tout faire pour maintenir la paix ?, demande Odin à son fils.
- Oui, je le jure, répond fièrement Thor.
- Je te nomme donc...
Et avant qu'il ait pu finir sa phrase, Odin se rend compte que des Géants de Glace sont en train d'essayer de voler le coffre magique dans la salle des trésors. Une fois les trois intrus tués par le Destructeur, gardien des lieux (les capturer pour les interroger aurait été un brin trop subtil), Thor s'indigne. Il trouve ça inacceptable, et propose qu'on aille tous leur buter la gueule (Thor est un futé, en effet). Mais Odin, un sage, lui fait remarquer, que c'est pas parce que 3 personnes  font quelque chose de mal qu'il faut aller massacrer tout un peuple.

Thor, un héros vachement futé.

Mais ce raisonnement n'atteint pas Thor. Remarquez, ce raisonnement n'a pas eu beaucoup plus de succès auprès d'un certain Georges W. après le 11 septembre 2001, mais ceci est une autre histoire. 

En effet, Thor a des muscles énormes et un cerveau tout petit. Il est très énervé de pas pouvoir aller bourrer la gueule à ces géants. C'est alors que Loki, son frère, lui fait passer subtilement que "sans désobéir à Père, rien n'est faisable". 
- Oui, tu as raison, on ne peut rien faire.
- Je crois que tu n'as pas bien compris : SANS DESOBEIR A PERE, rien n'est faisable. Mais si jamais tu désobéissais à Père...
- Ah, ouais, j'avais pas pensé à ça ; si j'y allais quand même ?
- Ah mais non, surtout pas, c'est pas ce que j'ai voulu dire ! C'est pas très bien de désobéir. Mais si tu le fais, j'irais quand même avec toi.
A ce moment du film, on n'a pas la moindre idée de qui peut être le méchant machiavélique et manipulateur, le suspense est entier...
Thor décide donc de quand même d'aller rendre une petite visite aux Géants de Glace, parce que c'est rigolo de se taper dessus, et qui sait, peut-être qu'il leur reste des Mikos à la vanille, donc ça peut valoir la peine. Il part donc avec ses amis : 2 vikings barbus, une guerrière, et un Japonais. Oui, un Japonais. Oui, dans la mythologie nordique (sûrement pour les quotas ethniques). Sans doute le tsunami l'a-t-il amené jusqu'à Asgard, allez savoir...

Les petits futés cheminent discrètement jusqu'à une grosse boule dorée, appelée Bifrost (ça m'évoque plus une marque de congélateurs qu'un passage magique, mais bon) qui sert d'unique point de passage entre les différents mondes; gardée par un noir, sans doute encore pour les quotas (mais du coup, ça signifie que les géants de glace qui se sont infiltrés dans le palais sont forcément passés par là. Et le gardien n'a rien vu ? Et on ne lui pose même pas une question ?). Les scénaristes ont d'ailleurs fait preuve ici d'une grande originalité :
- On prend qui pour faire le gardien de la porte ?
- Ben, je sais pas. Il garde une porte et il vérifie qui peut rentrer ou pas. C'est un peu un videur, en fait.
- Ah ouais, t'as raison. Ben on va mettre un noir, tiens !
Le gardien du Bifrost est un peu réticent au début. 5 personnes dont une seule fille, avec en plus un bridé, ça fait un peu faible pour rentrer. Le royaume des Glaces, c'est pas le Macumba Night, alors normalement, ils ne devraient pas rentrer. Malgré tout, le gardien laisse quand même passer les 5 z'héros pour le monde des géants de glace. 

S'ensuit une discussion pleine de diplomatie avec le roi des Géants de Glace ("On vient pour vous maraver la gueule" "Ah ouais ? Ben on va voir qui c'est qui est le plus fort" "Alors, on a peur, petite princesse ?"), qui se termine... devinez comment ? (Ceux qui ont répondu "par une partie de petits chevaux autour d'une tasse de thé" ont perdu). Eh oui, une bonne bagarre, ou Thor et Loki usent de leurs pouvoirs. Thor a un marteau énorme, qui lui permet de voler (oui, oui, de voler : aujourd'hui, on utilise bêtement des avions, alors qu'on pourrait simplement prendre un marteau), de faire trembler la terre, faire jaillir la foudre, et surtout, de taper comme une grosse brute sur tout ce qui bouge, ce qu'il fait très bien. Loki, lui, peut se rendre invisible et projeter une fausse image de lui où il le souhaite, ce qui est quand même beaucoup moins noble.

La bataille s'engage, et Thor tue (ne me dîtes pas que vous ne l'attendiez pas). Thor pille, un peu aussi, parfois, mais pas là. Mais je m'égare...
Rapidement, la bataille tourne mal pour les Asgardiens, et, alors que tout semble perdu, Odin arrive sur son cheval pour sauver ses fils. 
"Excusez-nous, Géants de Glace, entame-t-il, plein de sagesse, Thor est encore un peu jeune, il savait pas trop ce qu'il faisait. Je dirais même qu'il est en tort (sous son apparence sobre, Odin est en fait un sacré déconneur).
- Ben oui, mais il nous quand même tué une bonne centaine de géants, alors, c'est pas cool, comprenez.
- Oui, mais c'est sa manière de plaisanter. Avouez qu'elle était bonne, hein ? Allez, je vous invite à une partie de petits chevaux autour d'un bon goûter, et on oublie tout, d'accord ?
- Ben oui, mais non, quand même, nous on est un peu verts de s'être fait taper comme ça ("ce sont des géants verts", pouffe alors Odin dans sa barbe), alors on préfère faire la guerre à partir de maintenant.
- Bon ben d'accord, faisons comme ça, alors", répond Odin avant de se re-téléporter vers Asgard.

"Hé, mon fils, j'en ai appris une sacrément bonne récemment : tu connais celle des deux Suédoises dans un ascenseur ?"

Une fois en sécurité de l'autre côté de la porte, Odin n'est pas très joice, parce que son fils lui a quand même désobéi. Du coup, il se fâche tout rouge, lui retire ses pouvoirs, et le condamne à l'exil sur Terre, où il l'expédie ainsi que son marteau.

Et devinez-donc dans quel pays Thor a-t-il été parachuté ? (Ceux qui ont répondu "au Tadjikistan" font certes preuve d'un peu d'originalité, mais dommage, c'est pas ça). La logique voudrait qu'il aille en Scandinavie. Mais non, il atterrit aux Etats-Unis. D'ailleurs, Thor, comme tous les autres Asgardiens, parle anglais (y-a-t il encore des endroits dans le monde où l'on ne parle pas anglais ?).

Thor atterrit donc, vous l'aurez compris, pile là ou Jane Foster l'attendait. Et là, je m'arrête quelques instants. Sachant ce qu'il vient de se passer, comment Jane Foster a-t-elle fait pour prévoir l'heure, la date et le lieu d'atterrissage de Thor ? Y a-t-il une once de phénomène scientifique ou de prévisible dans le fait qu'un viking barbu bannisse son fils sur Terre ? Le scénario ne cherche d'ailleurs pas un seul instant à justifier cet étrange coïncidence.
"Même après avoir passé la nuit sur le scénario, je ne vois rien qui puisse expliquer comment on aurait pu prévoir ça".

Thor ne sait d'ailleurs même pas dans quel monde il est, c'est dire combien ils envoient souvent des Asgardiens sur Terre. On ne sait donc pas trop ce que Jane Foster étudiait jusque là, puisque ce phénomène n'a pas du survenir sur Terre depuis le Moyen-Age. Mais il se trouve qu'elle était justement là au bon moment.

Après quelques péripéties sans grand intérêt, Thor décide qu'il est grand temps de retrouver son marteau. "Ah, si j'avais un marteau", soupire-t-il. Et ça tombe bien, les habitants de la région parlent justement d'un marteau tombé du ciel que personne n'arrive à déplanter. Même s'il est planté dans la terre, et qu'à priori, même si le marteau ne semble pas pouvoir bouger, la terre en dessous devrait pouvoir être creusée. Mais nous ne sommes déjà plus à une incohérence près.... 
Mais entre-temps, des employés du SHIELD, une agence de contre-espionnage, s'est également intéressé à cette histoire. Je ne sais pas à quoi pensait le gouvernement en envoyant le contre-espionnage pour une histoire comme ça. Moi, j'aurais plutôt envoyé la NASA, ou des scientifiques qui s'occupent des météorites, mais non. Ils ont du se dire qu'un marteau qui tombe du ciel, c'était sûrement un coup des Russes, ou une nouvelle méthode d'attaque d'Al Qaïda : depuis qu'ils ne peuvent plus détourner d'avions, ils détournent des marteaux.

Le SHIELD commence donc par confisquer les travaux de Jane Foster, qui était connue dans le monde entier pour s'occuper des chutes de marteaux, et par boucler la zone autour du marteau.

Thor, rejoint par Jane, arrive à proximité du marteau, et se rend compte, que, "crotte de bique, ça va pas être si simple pour récupérer mon jouet et planter des clous à nouveau". 

Mais heureusement, il "a un plan", comme il dit à Jane. Ce plan rudement subtil consiste à taper sur la figure de tout ce qui bouge jusqu'à arriver au marteau. Il entre donc dans le camp, qui est gardé par une trentaine d'agents de sécurité au minimum (mesures tout à fait compréhensibles quand il s'agit de protéger un marteau que, de toutes façons, personne ne peut bouger). Les agents en question, bien que nombreux et équipés d'armes à feu, arrivent toujours un par un, et ne tirent pas un coup de feu.
Il y a même un agent qui est équipé d'un arc (oui, un arc - c'est une arme couramment utilisée pour défendre les campements de recherche scientifique). Je sais, c'est désespérant d'écrire un scénario comme ça...

Lorsque Thor arrive au marteau, il constate avec dépit qui lui non plus n'arrive pas à l'arracher à la Terre. Il a perdu tous ses pouvoirs (son père le lui avait certes dit, mais il pensait toujours que c'était du bluff), il va devoir terminer charpentier ou acteur dans les films de Nicolas Cage, il est donc abattu et déprimé - et on le comprend : acteur pour Nicolas Cage, quelle horreur ! Il hurle alors au désespoir : même chez Casto, ils ne font pas de marteaux comme ça.

Il se laisse arrêter par la sécurité pour être interrogé. Le SHIELD lui demande où il a été entraîné, car, selon eux, il faut avoir suivi un entraînement unique au monde pour être capable de cogner sur les gens comme un gros bourrin. Ils feraient mieux d'interroger leurs agents pour leur demander où ils ont été entraînés, pour ne même pas savoir se servir d'une arme à feu, et pour penser utiliser un arc et des flèches au XXIe siècle, mais bon...
Thor réalise que prendre un énorme marteau comme attribut n'était peut-être pas le meilleur choix à faire.

Entre temps, à Asgard, Loki révèle aux amis de Thor, que c'est lui qui a averti son père qu'ils partaient pour le monde des géants de glace, et qu'ainsi, il leur a sauvé la vie à tous. Il va également voir son père, pour lui demander si, par hasard, il aurait pas été adopté. Odin lui répond que si, en effet, et il était même temps qu'il s'en rende compte. En réalité, Loki est le fils du roi des géants de glace. A l'époque de la première guerre entre Asgardiens et géants de glace, Odin l'avait recueilli dans le vague espoir de conclure la paix. C'est vrai que généralement, dérober le fils de son ennemi est un moyen intéressant de faire la paix. Ça marche rarement, mais ça valait la peine d'essayer...
Et après ces révélations, Odin trouve que c'est le moment opportun pour tomber dans le coma. Thor exilé et Odin dans le coma, c'est donc Loki qui assure l'intérim à la tête du royaume. Il en est bien content, car il a plein d'idées pour Asgard, certainement plus que son idiot de frère : il va mettre en place un programme "travailler plus pour gagner plus", et promet de renforcer les contrôles aux frontières pour éviter l'immigration clandestine du royaume des glaces (Loki est certes petit, brun et excité, mais toute ressemblance avec des personnages réels est totalement fortuite).

Il en profite donc pour rendre visite à Thor, toujours en interrogatoire. Il lui dit que son père est mort à cause de lui et du chagrin que lui a causé l'entrée en guerre, que les Géants de Glace ont accepté de ne pas attaquer  Asgard seulement si Thor restait en exil. Du coup, il va devoir se faire à la vie sur Terre. 
Ca ne surprend pas Thor le moins du monde que la nouvelle d'une guerre tue Odin, alors qu'a priori il en a déjà fait plus d'une, qu'il est roi, et qu'il avait pas l'air triste à en mourir quand le roi des géants de glace lui a déclaré la guerre. Ca ne le surprend pas non plus que les Géants de Glace décident de ne pas attaquer pour peu qu'il reste en exil : s'ils n'attaquent pas, ils ne doivent pas en avoir grand chose à carrer de ce que Thor soit en exil, alors qu'au contraire, ça représente un sacré avantage s'ils attaquent.

Pendant ce temps, Jane retrouve son assistante et le vieux professeur pour faire le point. Elle est un peu déprimée, parce qu'elle ne peut plus continuer ses recherches, et puis qu'un mec avec des gros muscles et un petit cerveau, c'est parfaitement complémentaire avec sa personnalité. Il faut donc aller rechercher Thor, et c'est le vieux professeur qui s'en chargera. 
Ce dernier arrive dans le campement, et explique à la sécurité qu'en fait, Thor fait partie de leur équipe de chercheurs, et que s'il a fait tout ça, c'est juste parce qu'il était un peu triste de s'être fait chiper ses travaux de recherche.  Le responsable de la sécurité répond alors que "c'est bon, on peut le laisser partir, alors." Parce qu’assommer  une vingtaine de personnes, c'est pas très bien, mais si c'est parce qu'il était énervé, alors ça va, on ne lui en veut pas. 

Thor retrouve Jane au campement, et lui rend son petit carnet de recherches, qu'il a réussi à récupérer pendant son arrestation. Il lui explique alors que la réponse à ce qu'elle cherche se trouve dans la mythologie nordique et qu'il est un Dieu en exil sur Terre. Jane se contente de faire des ooh et des aah, et gobe absolument toute l'histoire sans poser d'avantages de questions. Et ça se prétend scientifique, tout ça...

"J'ai absolument aucune connaissance en cosmologie, mais si tu veux, je peux dessiner plein de kikis dans ton carnet. Alors, qu'est-ce que t'en dis ?"

Pendant ce temps, à Asgard, les amis de Thor (les deux barbus, la fille et le Japonais) décident d'aller chercher Thor, parce qu'ils ne sont pas très contents des décisions de Loki en tant que nouveau roi. Ils se téléportent donc sur Terre - décidément, ce gardien de porte est vraiment très peu hermétique.
Là, ils révèlent la vérité à Thor, qui comprend donc qu'il s'est fait enfler par Loki. Ce dernier décide d'envoyer le Destructeur (jusque là gardien de la salle des trésors) sur Terre pour tuer Thor, ses amis guerriers, ainsi que tout ce qui bouge dans un rayon de plusieurs kilomètres à la ronde. Sitôt dit, sitôt fait. Le Destructeur trouve rapidement Thor et ses amis, qu'il entreprend de brûler grâce à un énorme rayon qui lui sort des yeux. Le Destructeur semblant invincible, Thor décide de se sacrifier en échange de la promesse de laisser la vie sauve à ses amis, Asgardiens comme Terriens. Loki, qui dirige le Destructeur à distance, accepte, et achève Thor d'un revers digne de Rafael Nadal dans ses grands jours. Pourquoi n'utilise-t-il pas son rayon brûleur cette fois ci, alors qu'il l'a fait pour tout le reste ? Sans doute parce que c'était un moyen sûr de tuer son ennemi... Mais en se sacrifiant, Thor s'est montré digne de ses anciens pouvoirs : il les retrouve donc instantanément. Son marteau décolle pour venir le rejoindre (c'est un peu comme un chien bien dressé, en fait, ce marteau) : Thor tout revigoré tue facilement le Destructeur et décide de retourner à Asgard.

Mais Loki a mis au point un plan machiavélique avec le roi des géants de glace. Il savait depuis le début qu'il était son fils (ah, enfin une preuve d'intelligence), et a donc tout organisé depuis le début. C'est lui qui a laissé rentrer les géants de glace du début qui ont essayé de venir voler le coffre magique (comment ? on ne sait pas. Pourquoi ?, on ne sait pas d'avantage), et il propose maintenant au roi de venir envahir Asgard pour récupérer le coffre lui-même. 
Mais le gardien-videur du Bifrost se doute un peu de quelque chose. Il essaye vaguement de protester et de dire à Loki, que bon, c'est pas très bien ce que tu fais, mais Loki le gèle immédiatement. Il se garde bien de le tuer. Non, parce que s'il était mort, il ne pourrait pas raconter à tout le monde la trahison de Loki, par exemple. Il ne pourrait pas non plus faire passer Thor et ses amis, qui resteraient du coup bloqués sur Terre. Et ça, ce serait dommage. Cohérent, logique, mais dommage. 

Les géants de glace arrivent donc à Asgard, où ils se rendent au palais (oui, sans être arrêtés par un garde ou soldat, ou ce genre de trucs qu'on pourrait mettre près de l'unique passage vers un monde avec lequel on est en guerre) pour reprendre le coffre et tuer Odin, mais là, Loki retourne sa veste et tue le roi des géants de glace, sauvant ainsi son père adoptif. En fait, tout cela n'était qu'un plan pour se prouver valeureux aux yeux de son père, et se faire nommer héritier du trône au cas où il se réveillerait. Il décide aussi de détruire le royaume des glaces, comme ça, il sera vraiment le héros qui a sauvé Asgard. 
A aucun moment il ne se dit qu'Odin, si il se réveille, va chercher à voir Thor, et qu'il va donc se rendre compte de la trahison de Loki. A aucun moment il ne se dit que le gardien, qu'il n'a pas tué, va se mettre à raconter ce qu'il a vu. A aucun moment non plus, il ne se dit que s'il avait laissé les géants de glace tuer Odin et était intervenu quelques secondes plus tard, il aurait été roi légitime tout de suite, s'affranchissant ainsi de la possibilité qu'Odin se réveille et ne vienne tout faire foirer. Non, il ne se dit pas tout ça...

Et justement, le gardien de la porte se dégèle, et fait revenir Thor et ses copains, juste au moment ou Thor réussissait enfin à rouler un patin à cette coquine de Jane Foster embrassait tendrement Jane. Alors que ses copains disparaissent mystérieusement (la scène finale aurait été un peu surchargée, sinon) Thor essaye d'empêcher son frère de mettre son plan à exécution (son passage sur Terre l'a rendu tolérant, ouvert à la différence, et pacifique. Sans trop de raison, d'ailleurs, c'est juste comme ça). Entre temps, le Bifrost s'est mis à tourner très vite, ce qui a pour effet de commencer la destruction du Royaume des Glaces. Pour empêcher ça, la seule solution semble être de détruire le Bifrost (le faire arrêter de tourner et refermer le passage, ça semblait un brin trop subtil), ce que Thor fait très bien en tapant dessus comme un bourrin. 
Ceci fait, il engage le combat contre son Loki. A aucun moment, Loki ne réalise que son plan a foiré et qu'il vaudrait mieux tout arrêter et chercher la réconciliation. Thor ne le lui fait pas remarquer non plus (son passage sur Terre ne l'a donc pas rendu plus futé). Et puis, ce serait dommage, un film qui se termine sans combat entre le méchant et le gentil... 

"Ne t'avise surtout pas de passer derrière moi. Sinon, le ventilo sera du mauvais côté et j'aurais des cheveux plein la gueule."
Le combat est acharné jusqu'au moment où Thor et Loki tombent dans le vide (dans les films américains, les combats se déroulent toujours à un endroit duquel on peut tomber : une falaise, une tour, un pont, mais très rarement en plaine...) et sont rattrapés in extremis par Odin, qui a eu la bonne idée de se réveiller entre-temps. Comme ça tombe bien ! Il se réveillait 3 secondes plus tard, le film entier était foiré. De même que juste après un coma de plusieurs jours, il est tout de suite en état de monter à cheval et rattraper deux hommes dans le vide avec une seule main.

Alors qu'il essaye de les remonter (pas du tout cliché, cette scène ou les gens sont suspendus dans le vide, et se mettent à bavarder comme à la terrasse d'un café), Loki se rend compte qu'il a déçu Odin, et se laisse tomber dans le vide. Parce que depuis le début, Loki cherchait seulement à gagner la confiance de son père adoptif ? Mais tu sais que c'était pas du tout du tout (du tout) ce qu'il fallait faire alors.

Quelques temps après, tout va bien à Asgard. Odin est toujours roi d'Asgard (on se demande pourquoi il avait voulu nommer son fils au début du film alors - sachant que Odin est un Dieu, et que du coup, il doit être relativement immortel, quel est l'intérêt de nommer un successeur ?), et le soleil brille.

Cependant, Thor pense souvent à Jane, qui travaille dur pour trouver un moyen de le rejoindre.

Et FIN...

***

Dans la salle de cinéma d'Asgard, Thor retira ses lunettes et se frotta les yeux. Un rapide bilan lui permit de voir que, Loki étant seulement tombé dans le vide, le Royaume de Glace n'étant pas détruit, et Jane et Thor toujours pas réunis, il y allait avoir une suite. Il fallait agir.
- Sif, rugit-il, en un beuglement qui s'entendit jusqu'au fin fond d'Asgard.
Sif arriva en courant. Lorsque son mari beuglait comme ça, ce n'était jamais bon signe.
- Qu'y a t-il chéri ?
- J'avais raison de m'inquiéter, dit-il en plissant le front.
- Que vas-tu faire ?
- Trouve-moi le nom du scénariste. Et amène-moi mon marteau. Je vais leur montrer qui a Thor et qui a raison..."